Résumé

Vienne, 1909. Des suicides étranges motivent une enquête versant dans un fantastique classique façon Poe, mais où l’étrangeté spirite auraient été remplacée par la psychanalyse. Via le rôle d’une drogue, Perutz diffuse une peur immémoriale et indicible digne d’un Lovecraft qui n’aurait pas imaginé ses démons souterrains, mais, ceux, supérieurs, de l’esprit. Aussi, on songe au Horla de Maupassant... Pour garder la lumière allumée et tant pis pour les moustiques

Mon Commentaire

Retour sur le début du siècle dernier, à Vienne lors d’une soirée, où un cercle d’amis s’apprête à assister à un concert de musique classique dans une riche demeure. Parmi les invités présents, le célèbre acteur Eugen Bischoff, dont on retrouve bientôt le corps inanimé après qu’on ait entendu des déflagrations.

S’agit-il d’un suicide, ou d’un meurtre maquillé ? Tous les membres de l’entourage de l’artiste tentent d’élucider le mystère, en se soupçonnant mutuellement sans en avoir l’air. Mais bientôt d’autres évènements également mystérieux et angoissants s’ensuivent…Perutz va confier le récit des évènements au Baron Yosh, qui va bientôt lui-même être considéré comme suspect …

Leo Perutz, qu’on sait être un écrivain exactement contemporain de Franz Kafka, nous entraîne ici dans une enquête policière à la Agatha Christie, dans laquelle de plus plane l’ombre d’influences qu’on pourrait prendre pour diaboliques. Perutz joue à fond avec le surnaturel, l’inconscient de chacun des personnages et la logique humaine, avec en outre une analyse sur le dédoublement de personnalité et la violence paroxystique qui parfois l’accompagne.

Si l’idée de ce roman quelque peu policier est certes séduisante et que le texte est particulièrement bien écrit, on peut cependant reprocher à ce roman son côté assez dépassé et souvent désuet. Nul doute que cet ouvrage a dû interpeler les lecteurs et sûrement les choquer lors de sa parution originale il y a presque un siècle. Mais force est de constater que son pouvoir d’attraction sur le lecteur du XXIème siècle est bien moindre, les aspects fantastique et angoissant ayant réellement perdu de leur impact. On peut constater aussi que le positionnement des protagonistes les uns par rapport aux autres n’est parfois pas très clair et nuit d’une certaine façon à la bonne compréhension comportementale des uns et des autres.

Ma note : 13/20

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