Résumé

" Je suis ici parce que j’ai lu Loti et que la France m’ennuie. Je me rêvais pèlerin d’Angkor et me voilà planté dans une grande mare de boue. Embarqué dans une sale histoire en un coin où l’on se tue avec une inépuisable énergie.» 
Dans l’enfer de la bataille de Dien Bien Phu, en ce crépuscule de l’Indochine, un jeune homme se retourne sur sa vie. Parce que le temps lui est compté, il se penche sur ses rêves et ses amours enfuis. 
Au-delà de la guerre, son histoire est celle de l’Homme face à l’épreuve, quand elle fait sortir la vérité d’un être. Elle raconte la résilience après un accident, la souffrance d’un fils devant une mère qui se meurt, la quête de sens au milieu de l’absurde. Derrière la dramaturgie de ce combat dantesque, ces pages chantent aussi la sensualité et la poésie du monde. Elles sont un hymne à la fraternité humaine et à la vie, par-dessus tout. "
 

Lauréat du Prix Roger Nimier 2019.

Sélectionné pour le Prix Renaudot 2019.

Mon Commentaire

« Le Huitième Soir » raconte les huit derniers jours de la vie d’un tout jeune lieutenant de 26 ans en mal d’aventures qui s’est engagé en 1954 dans la bataille de Dien Bien Phu. Ici, l’atmosphère n’est pas au tourisme, loin s’en faut ! Car au fil de jours, à partir de la descente en parachute en pleine vallée avec une arrivée sur le sol souvent violente et à l’aveuglette, c’est un tout autre monde que le lieutenant découvre. Un monde fait de boue, d’humidité, de saleté, de promiscuité et de nuits sans sommeil, d’explosions et de tirs d’obus, mais aussi celui d’un ennemi omniprésent mais qui a l’avantage de se trouver en territoire connu.

Le lieutenant au fil de ces 8 journées nous raconte un peu plus de ces moments cauchemardesques, sans pour autant oublier de revenir sur les motivations premières de sa décision de repartir sur le front, juste quelques jours avant d’être définitivement démobilisé, ainsi que sur les souvenirs qu’il garde des différentes rencontres, que ce soient les amours passagères d’avant sa mission ou les amitiés qu’il a pu nouer auparavant, mais aussi des stigmates de sa vie antérieure.

Bien qu’écrit dans un style extrêmement précis accentuant l’aspect infernal et dantesque de ce combat dont les soldats du contingent ne comprennent plus vraiment l’enjeu, ce roman est d’abord un hymne à la vie et à la fraternité. Mais malgré toutes les descriptions horribles dont sont victimes ces hommes partis en mission en Indochine, il se dégage néanmoins du texte des moments de poésie relatifs à la terre, aux essences ambiantes ainsi qu’aux souvenirs des jours d’avant…

Il est clair que dès le début du livre, on devine le sort qui sera réservé au lieutenant et à cette équipée de soldats gradés ou non. Nul doute pour quiconque en sortira vivant qu’il y aura un avant et un après la bataille de Dien Bien Phu, qui marquera la fin de la guerre d’Indochine. Ces jeunes auront sûrement appris davantage en huit jours sur la Vie que durant la totalité de leur existence d’avant.

Arnaud de la Grange nous livre un roman poignant, alternant la noirceur des « planques » et l’enfer des bombardements avec une réflexion plus globale sur l’existence de l’humanité et sur l’homme, capable du meilleur comme du pire.

Ma note : 16/20

Photo le Figaro