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Acteurs

Mathieu Amalric

Guillaume Canet

Benoît Poelvoorde

Virginie Efira

Jean Hugues Anglade

Marina Foïs

Philippe Katerine

Félix Moati,...

Synopsis

C’est dans les couloirs de leur piscine municipale que Bertrand, Marcus, Simon, Laurent, Thierry et les autres s’entraînent sous l’autorité toute relative de Delphine, ancienne gloire des bassins. Ensemble, ils se sentent libres et utiles. Ils vont mettre toute leur énergie dans une discipline jusque-là propriété de la gent féminine : la natation synchronisée. Alors, oui c’est une idée plutôt bizarre, mais ce défi leur permettra de trouver un sens à leur vie...?

Le film a été présenté hors-compétition au Festival de Cannes 2018. 

Mon commentaire

Le film commence par une intro un peu étrange: on y parle de cercles et de carrés, de la totale incompatibilité légendaire entre ces deux figures géométriques....

Puis on rencontre Bertrand (Mathieu Amalric), un quadra déprimé qui est au chômage depuis presque deux ans, dont l’existence est tenue à bout de bras par son épouse Claire (Marina Foïs) toujours intensément amoureuse. Malgré les difficultés du couple, elle tient la barre…

C’est en se rendant à la piscine que Bertrand tombe sur une petite annonce: on cherche des membres pour étoffer une équipe en vue de pratiquer une activité de natation synchronisée. Bertrand tente sa chance : à son arrivée, il rencontre Delphine (Virginie Efira) l’entraîneuse et ancienne spécialiste du genre. Mais surtout il découvre que dans cette équipe -là, il n’y a que des hommes ! Il rencontre  Marcus (Benoit Poelvoorde), Simon (Jean-Hugues Anglade), Laurent (Guillaume Canet), Thierry (Philippe Katerine), Basile ( Alban Ivanov). Bien que venant de milieux différents et occupant des activités diverses, tous comme lui sont des quadras aux multiples fêlures psychologiques. Ils semblent un peu paumés dans leur vie quotidienne et dans leurs relations familiales, et c’est bien pour cette raison que l’activité de groupe à la piscine leur semble réconfortante. Pas tant pour l’entraînement en tant que tel, mais aussi pour les confidences qu’ils se font ensuite. Sans oublier que la charmante Delphine est remplie de bienveillance à leur égard et pas très exigeante, peut-être est-ce pour elle aussi une façon confortable de masquer ses fragilités? Le groupe s’organise, les tempéraments se révèlent, les progrès sont très lents mais tous se sentent libres et utiles à cette petite communauté, d’autant que leur énergie va être canalisée pour d’abord monter un petit projet...

Gilles Lellouche frappe fort avec cet improbable « Grand Bain ». D’autant que la natation synchronisée, discipline essentiellement féminine et à l’honneur lors des années 50 paraît plutôt incongrue. N’empêche que tout cela se tient, et se tient bien! Certains diront qu’on retrouve dans ce film de Gilles Lellouche la patte d’un héritier du cinéma de Claude Sautet, complétée par une analyse psychologique et la sensibilité à fleur de peau d’une réalisation de  Ken Loach, notamment lorsque nous est dépeinte la vie simple et souvent douce-amère de ses personnages. Pour ma part, j’y ai plutôt retrouvé l’état d’esprit du « Full Monty »de Peter Cattaneo (1997), avec les aspects maladroits mais très drôles de non-spécialistes pratiquant au mieux des activités qui leur sont totalement étrangères, malgré beaucoup de bonne volonté des uns et des autres.

Gilles Lellouche réussit à brosser les portraits d’une très belle galerie de personnages attachants (hommes comme femmes), qui ont vécu des expériences dont ils sont souvent ressortis avec des blessures au cœur et des bleus à l’âme. Sans oublier que pour ces messieurs poilus et bedonnants qui n’ont plus le physique d’Apollon du sport, le complexe de l’âge commence à peser! Mais « le Grand Bain »est également un film choral où l’esprit d’équipe prédomine sur les individualités, qui tend à prouver qu’en groupe, on se sent plus fort et qu’à ce moment, plus rien n’est impossible.

Tous ces éléments évoquent des sujets effectivement très sérieux, mais ne vous y trompez pas: l ’aspect dramatique du film passe vite au second plan car le ton choisi par Gilles Lellouche pour cette histoire est celui de la comédie, une comédie très enlevée et sympathique qui procure beaucoup de plaisir et déclenche le rire sans se forcer.

Une belle réalisation pour ce vrai premier long métrage de cinéma de Gilles Lellouche (il avait auparavant réalisé en 2004 le  téléfilm « Narco », ainsi qu’un des sketchs du film « les Infidèles » de son copain Dujardin en 2012). D’autant qu’on comprend bien que certaines scènes de ballet aquatique ont dû nécessiter une patience énorme de sa part et un entraînement très musclé des acteurs...

Avec ce casting 5 étoiles, un beau scénario original et des personnages bien dessinés qui dégagent de belles émotions, des applaudissements nourris et unanimes en fin de séance, « le Grand Bain » a tout d’un grand film, malgré quelques longueurs (il le film dure plus de 2 heures),...Une seule consigne : PLONGEZ !!!

Ma note : 16/20