Acteurs 

Henrique Ihjāc Krahô

Kôto Krahô

Synopsis

Ce soir, dans la forêt qui encercle ce village au nord du Brésil, le calme règne.
Ihjãc, un jeune indigène de la tribu Krahô marche dans l’obscurité, il entend le chant de son père disparu qui l’appelle. Il est temps pour lui d’organiser la fête funéraire qui doit libérer son esprit et mettre fin au deuil.
Habité par le pourvoir de communiquer avec les morts, Ihjãc refuse son devenir chaman. Tentant d’échapper à son destin, il s’enfuit vers la ville et se confronte alors à une autre réalité : celle d’un indigène dans le Brésil d’aujourd’hui. 

Mon commentaire

Le réalisateur portugais Joāo Salaviza et la Brésilienne Renée Nader Messora nous transportent chez les Indiens d'Amazonie, dans la tribu des Krahô, qui figure encore actuellement parmi les plus éloignées de notre civilisation. Les Krahô se répartissent dans leur territoire en petits groupes familiaux autour de différents villages laissés en autogestion. Le film débute sur le long plan d’un jeune homme, Ihjāc, qui entame près d’une cascade un dialogue avec l’esprit de son père défunt… La voix lui demande instamment de préparer la cérémonie de fin de deuil, afin que son âme puisse partir vers le village des morts.

Ihjāc, bien qu’à peine âgé d’une quinzaine d’années est déjà chargé de famille avec sa compagne, la jolie Kôtô,alors que parallèlement sa mère est à la tête d’une ribambelle d’enfants dont le plus jeune est de l’âge de son petit-fils. Ihjāc se refuse toutefois à cette évolution vers le statut de chaman, confirmée par le chaman du village…Le chaman est celui qui dans ces tribus est en charge de prédire l’avenir, de communiquer avec l’au-delà et accessoirement des soins de type médicaux à prodiguer…Persuadé d’être malade car harcelé par un esprit qui lui apparait sous les traits d’un perroquet (superbe !), Ihjāc se décide à quitter famille et tribu pour aller en ville passer des examens médicaux et essayer d’échapper au Perroquet…

Cette docu-fiction (les Amazoniens de la tribu Krahô incarnant leur propre rôle) réjouira les adeptes de beaux paysages d’Amazonie ainsi que les spectateurs qui recherchent l’authenticité et l’identification des rites. Pour les autres, force est de constater que les ficelles sont un peu épaisses, notamment quant à l’existence d’un Brésil à deux vitesses que personne n’ignore…Qu’ont donc en commun les hommes et femmes de la tribu Krahô et les citadins brésiliens ? Hormis un T-shirt porté par les hommes lors de leurs rares venues en ville, un vernis à ongle atterri on ne sait comment au milieu de la forêt, un centre de soins (la Maison des Indiens !) destinés aux peuplades indigènes et des rudiments de langue portugaise pour Ihjāc qui a tout d’un futur chef, pas grand-chose au total. Evidemment, Ihjāc ne sera pas plus en repos en ville car les pouvoirs de l’esprit perroquet sont immenses…

Dans le « Chant de la forêt » - encore une très mauvaise traduction française pour le titre d’un film axé sur la cérémonie d’une fin de deuil avec passage dans l’au-delà-, on assiste donc à de magnifiques scènes de traditions ethniques. Cependant, tout cela est fort lent et très long - le film dure quasiment 2 heures - et par voie de conséquence la projection se révèle vite soporifique. Le film a pourtant reçu de façon surprenante l’an dernier à Cannes le Prix Spécial du Jury dans la catégorie « Un Certain Regard ».

Ma note : 10/20