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Acteurs 

Corinna Harfouch

Tom Schilling

André Jung

Volkmar Kleinert

Rainer Bock

Edin Hasanovic

Synopsis

Comme tous les autres matins, Lara débute sa journée par une cigarette et une tasse de thé. Aujourd'hui est un jour important : elle a 60 ans et c'est le premier concert de piano donné par son fils Viktor. Elle le soutient depuis ses débuts et se considère comme déterminante dans son succès. Mais Viktor est injoignable depuis des semaines et Lara semble ne pas être conviée à l'événement, contrairement à son ex-mari et sa nouvelle compagne. La journée va alors prendre un tour inattendu.

Mon commentaire

Lara Jenkins (Corinna Harfouch) vit seule à Berlin. Elle a visiblement cessé toute activité professionnelle, alors qu’en ce jour d’anniversaire, elle passe tout juste le cap de ses 60 ans et visiblement reste en bonne forme physique. Mais malgré les gentilles intentions de ses voisins, son cœur n’est pas à la fête, car elle vient de découvrir que son fils unique Viktor (Tom Schilling), pianiste et jeune compositeur de talent donne ce soir même un concert auquel elle n’est pas invitée. Pourtant en cette journée spéciale, elle a décidé d’être présente coûte que coûte pour avoir enfin une discussion avec ce fils qu’elle aime et admire, mais avec lequel elle a manifestement usé de maladresse...

Après le film "Oh boy" du réalisateur allemand Jan Ole Genster déjà remarqué il y a quelques années (il a obtenu en 2013 le Prix du Film européen), "Lara Jenkins" est de nouveau un film dont l’action est concentrée au sein d’une seule et même journée. Parce qu’il s’agit d’une journée clé dans la vie de cette femme à laquelle beaucoup semblent avoir tourné le dos, sans qu’on sache exactement pourquoi. Une femme probablement aigrie par sa solitude et par toutes les questions qu’elle s’est posé et qui sont restées sans réponse. L’absence d’invitation au concert de son fils (alors qu'elle découvre que son ex-mari y est convié) agit comme un électrochoc, prouvant par sa présence visible et volontaire à laquelle elle ajoute un remplissage artificiel sous des airs de générosité feinte qu’elle existe et est incontournable dans l’entourage de ce fils prodige. Prête à tout, même à le « casser » volontairement avant le récital comme un besoin de reconnaissance, quitte à provoquer une réaction inverse.

Si le thème de ce film est louable et intrinsèquement beau, il faut avouer que le cinéma allemand dans son côté très traditionnel ici n’est pas de nature à la sublimation des sentiments. L’actrice principale Corinne Harfouch en est ici la preuve tangible tant son jeu est implacable et glacial, même lorsqu’une personne qu’elle croise est décidée à lui rendre service ou à lui communiquer un peu de chaleur. En cela, le contrat est parfaitement rempli mais n’est forcément pas de nature à susciter de l’émotion du public. Finalement, il faudra attendre le dernier quart du film pour comprendre le pourquoi de cette histoire et du comportement si déterminé et froid de Lara...et constater avec bonheur que la chaleur humaine n’a pas totalement disparue du cœur de Lara Jenkins. Ces vingt-quatre heures de la vie d'une femme sont le reflet d'une frustration qui ne demande qu'à être exorcisée. Ce n'est pas vraiment un film à courir voir en cas de déprime !

Ma note :  12/20