Acteurs

Saoirce Ronan

Laurie Metcalf

Tracy Letts

Lucas Hedges

Timothée Chalamet

Synopsis

Christine « Lady Bird » McPherson se bat désespérément pour ne pas ressembler à sa mère, aimante mais butée et au fort caractère, qui travaille sans relâche en tant qu’infirmière pour garder sa famille à flot après que le père de Lady Bird a perdu son emploi. 

Mon commentaire

Californie, Sacramento, année 2002. Christine McPherson (Saoirce Ronan), alias ‘Lady Bird’ est une jeune fille presque adulte pas très à l’aise dans sa peau: elle ne cesse se quereller avec sa mère Marion (Laurie Metcalf), qui travaille dur comme infirmière pour maintenir matériellement à flot toute la famille, son père (Tracy Letts) venant de perdre son travail. Or, Lady Bird n’a qu’une envie : fuir cette mère qui la brime et poursuivre ses études sur la Côte Est ! Or, ses résultats scolaires sont plus que moyens et elle se rebelle souvent face à l’éducation qu’elle est contrainte de suivre dans un établissement privé catholique. Sans compter que les maigres moyens financiers de ses parents risquent aussi de poser problème !

L’âge de ‘Lady Bird’ est aussi celui de la découverte de l’amour, avec ses révélations et ses déconvenues : mais comment briller lorsqu’on refuser quasiment tout de la vie qu’on mène ? Cela donne forcément naissance à des mensonges, qui ne font que détériorer les relations amicales et envenimer les rapports familiaux…

On connaissait déjà un peu Greta Gerwig comme actrice depuis une petite dizaine d’années (To Rome with Love, Damsels in distress, Maggie a un plan, Jackie…), on la découvre pour la première fois derrière la caméra, mettant en scène la jeune Saoirce Ronan dans le rôle titre, « Lady Bird ». Ayant elle même vécu à Sacramento, capitale de la Californie à la taille et à la réputation minimes par rapport à San Francisco ou Los Angeles, Greta nous montre cette ville d’une platitude extrême où il ne se passe jamais rien, d’où un blues exacerbé chez les jeunes qui ne rêvent que d’autres horizons. Lady Bird s’est crée un pseudo à côté de son vrai prénom pour tenter d’échapper à cette routine déprimante : on sent qu’un feu couve au fond d’elle-même, qui ne peut s’exprimer tant sa mère au fort caractère exerce une emprise permanente sur elle. Comment et à qui alors exprimer son mal-être ? Il y a bien son père, dont la rondeur et la gentillesse la comblent, mais les conflits avec sa mère sont permanents, même s’ils sont parfois salutaires. Christine au fond d’elle même sait que sa mère sans être à aucun moment démonstrative l’aime profondément et cherche à la protéger, surtout lorsqu’on se souvient que quelques mois plus tôt, les attentats du World Trade Center ont laissé de grandes cicatrices dans les esprits.

Le film, par sa naïveté, apporte une bouffée de fraîcheur et d’humour, notamment grâce au casting et à la façon dont le comportement des jeunes adultes est filmé: il en ressort souvent beaucoup de tendresse car forcément remontent en nous des souvenirs nostalgiques. Greta Gerwig brille également par la manière dont elle filme les relations avec les parents : les heurts, les complicités, les non-dits et simplement les moments de bonheur, tout cela est recréé dans une ambiance qui respire d’authenticité, sublimée par la très belle photographie signée Sam Levy.

Un joli premier film plein de délicatesse qui tient également beaucoup à la qualité des interprètes, Saoirce Ronan en tête.

Ma note : 15/20