Résumé

Rome, 1936. Alice Clifford, la correspondante du New York Herald Tribune, assiste au triomphe de Mussolini après sa conquête de l’Abyssinie. Sa liaison avec Don Umberto Ludovici, un diplomate proche du pouvoir fasciste, marié et père de famille, ne l’aveugle pas. Son goût pour la liberté l’empêche de succomber aux sirènes des dictatures.
La guerre menace, les masques vont tomber. Alice découvre les conspirations qui bruissent dans les couloirs feutrés du Vatican et les rues ensanglantées de Berlin. Son attirance pour un journaliste allemand au passé trouble révèle les fêlures de son passé. Si l’aventurière ne renie jamais ses convictions de femme moderne, toute liberté a un prix. Jusqu’où ira-t-elle pour demeurer fidèle à elle-même ?

Des palais de Rome à la corniche d’Alexandrie, des montagnes d’Éthiopie aux plaines de Castille, une Américaine intrépide et passionnée témoigne d’un monde qui court à sa perte. Theresa Révay nous offre l’inoubliable portrait d’une femme pour qui la vie ne brûle et ne danse qu’un instant. 

"La vie ne danse qu'un instant" s'est vu décerner le Prix Simone Veil 2017

Mon Commentaire

Theresa Revay est une prolixe romancière, qui a d’ores et déjà à son actif une petite quinzaine d’ouvrages. Sa spécialité : les grandes fresques historiques. 
Avec « La vie ne danse qu’un instant », elle nous raconte l’incroyable existence d’Alice Clifford, belle jeune femme Américaine intrépide correspondante de guerre du New York Herald Tribune, durant la période qui court de 1936 à 1945. Elle a notamment couvert la montée en puissance de Mussolini après sa victoire en Abyssinie et c’est d’ailleurs précisément à ce moment critique de l’histoire africaine de l’est qu’on en fait la connaissance, Alice faisant partie du petit nombre de journalistes de guerre de sexe féminin de cette époque. Son comportement et son entêtement n’ont d’ailleurs rien à envier à celui de nombreux de ses condisciples masculins !
On va bientôt découvrir qu’Alice n’est pas une Américaine comme les autres, car fille d’un diplomate,  elle a passé une grande partie de son enfance à Alexandrie pour des raisons qu’on découvrira plus tard. Ses liens avec le bassin méditerranéen sont d’ailleurs évidents, puisqu’elle est notamment en charge de couvrir toutes sortes d’évènements qui se déroulent de part et d’autre de la Grande Bleue. Basée à Rome, elle prendra même pour amant le séduisant mais déjà marié Don Umberto Ludovic, diplomate qui travaille dans les proches sphères du milieu fasciste...Mais son attachement réel n’empêchera néanmoins pas Alice de garder la tête froide et de rester maîtresse de ses reportages, reflets de ses expériences vécues .
Après l’Abyssinie, « La vie ne danse qu’un instant » nous fait voyager dans une époque fertile en émotions, nous emmenant tour à tour à Rome, au contact du milieu fasciste entourant Mussolini, mais aussi dans les arcanes du Vatican, puis également en plein cœur de la guerre d’Espagne, où Alice aura la vie sauve in extremis grâce à la présence d’un journaliste allemand affilié au parti nazi, et encore en Égypte ou à Berlin, en plein milieu de la Nuit de Cristal...
On ne peut qu’apprécier le travail de recherche historique poussé et brillant qui a été effectué par l’auteure, tant le lecteur est plongé dans des ambiances qui semblent terriblement authentiques et dramatiques , permettant aux personnages de ce beau roman de gagner en crédibilité. D’autant que cette histoire recouvre toute la période durant laquelle on assiste à la montée irrésistible du fascisme jusqu’au débarquement allié de Monte Cassino, au début de sa chute .
Au cours de ce roman où l’on côtoie autour des correspondants de guerre des personnages comme Hemingway à Madrid mais aussi la propre famille du Duce, ou encore les proches des papes Pie XI puis Pie XII, beaucoup d’anecdotes ont été glanées et restituées. Ce qui n’empêche pas non plus la restitution de réflexions ou d’analyses... Réflexions en premier lieu sur la barbarie et les atrocités commises par les régimes nazi et fasciste, mais également sur les prises de conscience des militants déçus ou sceptiques, les revirements de positions. L’auteure n’oublie pas de rappeler les massacres et les conditions extrêmes subies par les armées sur le front de l’Est ,mais aussi sur le comportement des soldats alliés lorsque la victoire s’approche.
Bien entendu, la romance vécue par Alice, ballottée par ses sentiments entre les bras de ses différents amants peut parfois agacer. Mais en fait ces épisodes constituent comme des respirations bienvenues , représentant comme des havres de paix destinés à oublier temporairement les horreurs quotidiennes vécues par la population au quotidien sous ces régimes totalitaires .
Au total, un roman historique intelligent à découvrir; nul doute que sa lecture incite à découvrir les autres réalisations de l’auteure Theresa Revay.

Ma note : 16/20
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photo Benzine Magazinze