Acteurs

Leonard Scheicher

Tom Gramentz

Lena Klenke

Jonas Dassler

Synopsis

Allemagne de l'est, 1956. Kurt, Theo et Lena ont 18 ans et s'apprêtent à passer le bac. Avec leurs camarades, ils décident de faire une minute de silence en classe, en hommage aux révolutionnaires hongrois durement réprimés par l'armée soviétique. Cette minute de silence devient une affaire d'Etat. Elle fera basculer leurs vies. Face à un gouvernement est-allemand déterminé à identifier et punir les responsables, les 19 élèves de Stalinstadt devront affronter toutes les menaces et rester solidaires.

Mon commentaire

Berlin, 1956. Le Mur n’a pas encore été construit. Malgré des contrôles entre la zone soviétique et la zone américaine, Kurt (Tom Gramentz) et son ami Theo (Leonard Scheicher), tous deux lycéens a Stalinstadt en Allemagne de l’est parviennent sans trop de mal à se rendre à l’ouest, sous couvert d’aller fleurir régulièrement la tombe du grand-père maternel de Kurt, ancien membre des WaffenSS.
Pour les deux amis qui préparent leur Bac, les pérégrinations dans Berlin Ouest sont comme une bouffée d’oxygène euphorisante qui les éloigne de leur quotidien où rien de ce qui se passe hors RDA ne filtre, sauf bien entendu application de la censure .
Ils apprennent du cinéma lors des informations qu’en Hongrie est en train de se dérouler une manifestation hostile au régime soviétique...Information que tous deux s’empressent de transmettre à Lena (Lena Klenke), la petite amie de Théo, ainsi qu’à leurs amis de terminale.
Par solidarité avec le peuple hongrois en révolte, Kurt et Théo vont décider d’observer lors d’un cours d’histoire deux minutes de silence...Cet acte a priori bénin va néanmoins entraîner de graves conséquences pour cette classe de terminale.
« La Révolution Silencieuse » est une adaptation du livre de Dietrich Garstka, qui lui-même lui a été inspiré par des faits vécus. Le réalisateur Lars Kraume s’est d’ailleurs basé pour ce film en premier sur l’authenticité des souvenirs de Gartska, alors lycéen qui a fait partie de cette classe soumise à une pression incroyable de la part des autorités politiques de l’époque. Le film restitue avec beaucoup de justesse l’ambiance qui régnait dans cette Allemagne sous domination soviétique, dont l’atmosphère apparaît en total décalage avec l’insouciance et la légèreté qui régnaient du côté du futur Berlin Ouest sous contrôle des Américains.
L’histoire ne se contente pas de témoigner de la façon dont des évènements historiques se sont déroulés et ont été perçus du côté de la RDA. Car le film nous livre également une excellente analyse sur cette Allemagne qui a du mal à se remettre de ses démons liés à la défaite de l’armée hitlérienne ...En effet il est très difficile pour ces lycéens qui vont bientôt s’inscrire à l’université après leur baccalauréat de comprendre le rôle qu’ont pu jouer parents et grands-parents durant les deux dernières décennies. Il y a bien entendu l’habituelle question de la responsabilité de près ou de loin de ces jeunes et de leurs familles dans la dernière guerre : doivent ils assumer d’avoir eu des aïeux fascistes ou bien des membres de leur famille alliés aux forces russes qui les ont vaincus ? Comment peut-on construire sa vie pour tous ces jeunes en mal de transparence et de liberté ? Que faut-il privilégier : le mensonge ou la délation, la solidarité ou l’individualisme ? Autant de questions abordées lors de ce film passionnant.
Lars Kraume réalise un film original magistralement interprété qui fait froid dans le dos : même si la violence est toujours hors champ, les interrogatoires sont d’une force et d’une férocité extrêmes.
Un vrai beau film à ne surtout pas manquer.

Ma note : 17/20