FILM VU EN STREAMING - SELECTION HONG KONG JEWISH FILM FESTIVAL

sortie non déterminée en France

Acteurs 

Ferenk Zenthe

Hédi Temessy

Péter Rudolf

Gábor Fehér

Istvan Verebes

Synopsis

Un couple de Juifs d’un certain âge adopte de façon non légale un enfant non Juif, auprès de qui il entend transmettre sa fortune et son savoir avant que l’oppression nazie ne s’engouffre en Hongrie.

Mon commentaire

Ce film du réalisateur hongrois Imre Gyöngyössy, datant de 1983 ressort sur les grands écrans après avoir été remasterisé en 2019. ‘Le réalisateur nous raconte une histoire peu ordinaire, a priori peu connue et surtout peu traitée au cinéma, celle des familles juives qui composaient la population d’une Hongrie multi-ethnique et pluri-religieuse avant l’invasion nazie. La révolte de Job’ nous ramène donc au sein de ces communautés en nous faisant rencontrer Job (Ferenk Zenthe) et son épouse Róza (Hédi Temessy), un couple d’agriculteurs qui, malgré de nombreuses tentatives, n’est jamais parvenu à assurer la postérité… Comme le temps presse alors que les rafles nazies menacent, Job craignant que tout ce qu’il a créé avec sa femme ne tombe aux mains ennemies et qu’ils n’aient même pas la possibilité de transmettre le savoir, ils décident d’adopter.

Arrivés à l’orphelinat, Job repère un petit garçon âgé de 3 ou 4 ans, Lackó (Gábor Fehér), au caractère bien trempé, qu’il va parvenir, malgré les interdictions légales en cours, à adopter. Commence alors une incroyable histoire d’apprivoisement réciproque, l’étrange adoption étant payée par la livraison de deux veaux, mais il est probable que la famine soit importante dès cette époque en ville.

En plus du caractère original de ce film, on est d’emblée emporté dans une époque que l’on a du mal à déterminer, tant toute la vie du village où est installé le couple semble décorrélée du temps. Ici, pas de voiture, le ‘progrès’ semble ne pas être encore parvenu jusqu’à ces campagnes. D’entrée de jeu, quelle étrange impression de voir le film débuter sur des scènes ayant lieu à l’intérieur d’un orphelinat où sont stockés tout un tas de jeunes garçons non Juifs qui s’égaillent autour d’un bassin, sous les yeux des responsables de l’établissement qui vantent aux visiteurs les qualités physiques et mentales des enfants, comme des marchandises à emporter…Qui sont-ils, d’où viennent-ils, que sont devenus leurs parents ? Peu importe finalement, l’adoption leur permettant de repartir dans une nouvelle vie

Alors qu’on pressent que le danger approche, il règne dans la vie de cette communauté une sérénité peu ordinaire …Même si l’histoire interpelle par le fait que Job et sa femme continuent à pratiquer leur religion comme avant l’adoption, choisissant volontairement de tenir leur fils adoptif en dehors jusqu’à un certain moment où ils conviennent qu’il serait utile de lui parler de Dieu et de ses créations…Petit à petit, à mesure que les relations entre les parents adoptifs et leur fils se resserrent, on sent poindre de plus en plus de tendresse réciproque… Lackó s’avère être un petit garçon espiègle mais plein de bon sens et très attachant. On ne dira rien de l’issue prévisible de cette histoire assez extraordinaire, qui doit beaucoup à la qualité de ses interprètes. ‘La révolte de Job’ mérite le détour.

 

 

Le film a été nommé à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère lors de la 56e cérémonie des Oscars, en 1984.

Ma note :  14/20