Résumé

Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron. Non non non non, rassurez-vous, ce n'est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout. 
Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons... Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été une chaleur accablante s'abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre mondiale. La guerre mondiale, oui oui oui oui oui. 

Mon Commentaire

Chers amis lecteurs, vous, comme moi, dès la quatrième de couverture, nous voici avisés. « La plus précieuse des marchandises » est un conte, à la manière du « Petit Poucet » ou de « Boucle d’Or », pour lequel tout rapport avec des faits réels serait totalement fortuit.

Et pourtant, lorsque l’on dévore ce petit livre d’une centaine de pages, malgré l’absence de précision sur les lieux, sur les identités et les noms des personnages, il devient vite évident que l’histoire racontée ici ressemble à tout, sauf à une fiction. Histoire qui rappellera sans doute à bon nombre d’entre nous de biens sombres moments pour certains témoins quoique désormais rares, plus certainement à des souvenirs de lecture ou d’images ou projections, concernant une période qu’on croyait définitivement révolue, même si elle n’est pas si ancienne que cela.
Jean Claude Grumberg, dont le talent ne fait aucun doute ni au théâtre, ni dans ses livres multiples, dont certains dédiés aux enfants, a donc choisi de nous rappeler toutes les horreurs de la guerre et de l’holocauste à travers un conte. Un conte cruel qui a le mérite de nous remémorer l’horreur et le paroxysme de l’inhumanité et expliquer l’inexplicable. Mais un ouvrage si important pour décrire les souffrances morales et physiques de ces déportés dont peu sont revenus, et pour les survivants, rarement avec le souhait de raconter, préférant souvent le silence.
La petite bûcheronne et son mari que l’on rencontre au fin fond des bois ne font ici finalement que perpétrer le devoir de mémoire, mais tout dans ces quelque 100 pages est présenté de façon intelligente et fine, mêlant l’innocence des parents adoptifs et un regard cru sur ces convois de la mort. Un beau message sur l’amour et sur la liberté, si important à diffuser alors que refleurissent partout les extrémismes de tout bord ! Un conte à faire découvrir à tous, y compris à nos adolescents.

Ma note : 17/20

Photo La République des Livres