Acteurs 

Édouard Baer

Leila Bekhti

Ramzy Bedia

Tom Levy

Baya Kasmi

Heiye Haïdara

Synopsis

Sofia et Paul emménagent dans une petite maison de banlieue. Elle, brillante avocate d’origine magrébine, a grandi dans une cité proche. Lui, batteur punk-rock et anar dans l’âme, cultive un manque d’ambition qui force le respect ! Comme tous les parents, ils veulent le meilleur pour leur fils Corentin, élève à Jean Jaurès, l’école primaire du quartier. Mais lorsque tous ses copains désertent l’école publique pour l’institution catholique Saint Benoît, Corentin se sent seul. Comment rester fidèle à l'école républicaine quand votre enfant ne veut plus y mettre les pieds ? Pris en étau entre leurs valeurs et leurs inquiétudes parentales, Sofia et Paul vont voir leur couple mis à rude épreuve par la « lutte des classes ».

Mon commentaire

Paul, rocker anar quinqua (Édouard Baer) et Sofia, « working girl » épanouie (Leila Bekhti) vivent ensemble depuis une dizaine d’années. Ils quittent leur appartement parisien pour acheter un pavillon en banlieue, à Bagnolet, dans le quartier où Sofia a grandi. Ils doivent aussi inscrire leurs fils Corentin à l’école Jean Jaurès, école publique du quartier, où ils espèrent qu’il pourra se faire des copains de toute origine et suivre un enseignement de qualité. Cependant, dans leur nouvel entourage, leurs amis décident de déserter l’école publique Jean Jaurès, dont le niveau est plus que médiocre pour inscrire leurs enfants à l’Institut Privé Catholique Saint Benoît. Les convictions républicaines de Paul et de Sofia sont bien mises à mal, au point que leur vie de couple commence à traverser des tensions jamais connues, d’autant plus que Corentin refuse désormais d’aller à l’école.

On se souvient notamment du réalisateur Michel Leclerc pour son film très réussi « le nom des gens », sorti en 2010, cette intéressante chronique politique et sociale originale. Avec « la lutte des classes », dont il a co-écrit le scénario avec Baya Kasmi, il se penche de nouveaux sur de très nombreux sujets sociétaux et sociaux : D’abord, le coût de l’immobilier en région parisienne, puis les oppositions entre école publique et école privée, la différence en termes de mixité et la qualité de l’enseignement qui sont à l’origine de cette « lutte des classes ». On redécouvre que même si dans chaque famille, les parents sont décidés à donner le meilleur à leurs enfants, ils doivent souvent par manque de moyens financiers se contenter de l’école du quartier, d’un niveau quelquefois médiocre, malgré des enseignants et des directeurs engagés et combatifs .Mais avec ce film, il signe aussi une étude intéressante sur la fragilité du système scolaire républicain qui lui-même manque de moyens, ainsi que sur le métissage dans ces établissements de banlieue, représentant d’une population française bigarrée, riche d’origines, de cultures et de pratiques religieuses diverses.

Bien qu’il n’apporte pas de solutions aux problèmes évoqués, Michel Leclerc nous embarque dans une belle comédie attachante, dans laquelle Édouard Baer en rocker désabusé porté sur la bouteille mais bourré de principes à contretemps révèle une fois de plus l’étendue de son talent. On découvre également tout le charme délicat et intelligent de Leila Bekhti dans ce rôle de femme pleine de sagesse ayant réussi à atteindre ses objectifs professionnels, qui reste néanmoins très réaliste par rapport aux idéaux qu’elle s’était fixée. Même s’il ne mène pas très loin, le film fonctionne grâce à une belle alchimie entre ces deux personnages qui humanisent cette peinture à la fois cynique et attachante de la société française d’aujourd’hui.

Ma note : 14/20