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Résumé

Mai 2016. La juge Alma Revel doit se prononcer sur le sort d'un jeune homme suspecté d'avoir rejoint l'État islamique en Syrie. À ce dilemme professionnel s'en ajoute un autre, plus intime : mariée, Alma entretient une liaison avec l'avocat qui représente le mis en examen. Entre raison et déraison, ses choix risquent de bouleverser sa vie et celle du pays...
Karine Tuil nous entraîne dans le quotidien de juges d'instruction antiterroristes, au cœur de l'âme humaine, dont les replis les plus sombres n'empêchent ni l'espoir ni la beauté.

Mon Commentaire

Bien qu’elle ait déjà une dizaine de romans à son actif, on connaît surtout le talent de Karine Tuil depuis ‘les choses humaines’, qui a été couronné en 2019 par le Prix Interallié et le Goncourt des Lycéens. Elle nous revient cette année avec un nouveau livre puissant, racontant en 2016 l’histoire de la juge antiterroriste Alma Revel, qui doit se prononcer sur la culpabilité d’AbdelJahil Kacem, un jeune homme suspecté d’avoir voulu rejoindre l’État Islamique en Syrie. Fait somme toute assez banal dans son parcours professionnel, à la différence près que celle-ci est mêlée à sa vie privée qui se délite : face au naufrage de son couple, la juge se met à entretenir une liaison avec Emmanuel, l’avocat qui est en charge de la défense du mis en examen…

Dès le début du roman, le lecteur est emmené en plein cœur de l’actualité – n’oublions pas que nous sommes dans la période qui suit les attentats terroristes de 2015- et dans le quotidien de ces juges qui doivent trancher après d’interminables interrogatoires sur la culpabilité des personnes mises en examen. Ceux-ci rythment le récit en s’intercalant dans les chapitres plus intimes qui permettent de mieux pénétrer l’intimité de la juge, mais aussi de mieux comprendre les conditions dans lesquelles elle s’acquitte de ses missions…Malgré un sujet brûlant et une héroïne qui aurait pu être très stéréotypée, Karine Tuil parvient de nouveau à nous accrocher jusqu’au bout de son œuvre grâce d’abord à une très bonne analyse de l’origine des actes terroristes et une parfaite maîtrise du métier de juge anti-terroriste, appuyé par une abondante documentation. Mais elle réussit également à pénétrer à fond dans la psychologie de ses personnages, quel qu’en soit le bord, et c’est impressionnant.

En revanche, on est malgré tout un peu déçu par les tous derniers chapitres qui non seulement n’apportent rien au récit, mais apparaissent plutôt comme des ficelles un peu grosses pour ‘boucler la boucle’…Nul doute que le livre aurait pu s’achever page 284 sans que cela nuise à l’histoire ; cela aurait permis au lecteur de laisser libre cours à leur imagination.

Ma note : 17/20
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Photo France-inter.fr