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Acteurs 

Bartosz Bielenia

Eliza Rycembel

Aleksandra Konieczna

Tomasz Zietk

Leszek Lichota

Lukasz Simlat

Synopsis

Daniel, 20 ans, se découvre une vocation spirituelle dans un centre de détention pour la jeunesse mais le crime qu'il a commis l'empêche d'accéder aux études de séminariste. Envoyé dans une petite ville pour travailler dans un atelier de menuiserie, il se fait passer pour un prêtre et prend la tête de la paroisse. L'arrivée du jeune et charismatique prédicateur bouscule alors cette petite communauté conservatrice.

Interdit aux moins de 12 ans

Mon commentaire

Les metteurs en scène polonais nous entraînent souvent sur des voies originales lors de leurs réalisations. C’est une fois de plus le cas avec “la communion” et son jeune réalisateur Jan Komasa, dont on apprend que son second long métrage est inspiré de faits réels, l’histoire de Daniel (Bartosz Bielenia) un jeune délinquant de 19 ans qui est incarcéré dans un camp de semi-internement avec nombreux autres congénères. En dehors de l'activité à la scierie qui les occupe tous règne la loi du plus fort, donc celle de la violence. Pourtant, Daniel a une autre passion : sa foi chrétienne, au point que lors des messes célébrées par le Père de Tomasz (Lukasz Simlat) dans le centre, il est le premier à chanter les louanges du seigneur. Pas de possibilité pour lui de rentrer au séminaire compte tenu de son casier judiciaire. Et pourtant, un quiproquo survenu lors d’une mission qui lui est assignée à l'autre bout du pays va bouleverser sa vie, lui entrouvrant l'espoir de mener une vie différente : il va contre toute attente réussir dès son arrivée à prendre la place du curé du village et gagner rapidement la confiance de ses ouailles...

Ce qui frappe d’entrée dans ce film c’est la personnalité étrange de ce jeune Daniel, qu’on croirait dès la première séquence comme habité par une puissance intérieure, tant son regard bleu intense et translucide semble vouloir percer jusqu’au tréfonds de nos âmes de spectateurs et les pratiquants du village. Certes, le quiproquo lors de l’arrivée de Daniel dans le village peut porter à sourire tant il peut paraître difficilement crédible. Néanmoins, on se prête volontiers au jeu mené autant par cet imposteur à l'aplomb incroyable, qu’à l'analyse pertinente effectuée dans le scénario vraiment original du microcosme constitué par les habitants visiblement endeuillés de ce village qui vivent dans l’expectative de jours meilleurs. 

Daniel, qui se fait appeler pour les besoins de sa charge le Père Thomas, avec sa volonté de réunir tout le monde autour de Dieu finira par percer un secret bien enfoui...

Sous des apparences de film consacré à l’importance de la religion en Pologne, « La communion » est une œuvre noire et caustique pleine de rebondissements qui ne peut laisser indifférent. Même si quelques explications supplémentaires pourraient avoir été fournies sur le passé de cet impressionnant Daniel, révélé par le jeu de ce jeune interprète littéralement bluffant, qui exprime avec autant de conviction amour, haine, pardon, joies ou peines. A découvrir absolument.

 

Le film a été nommé dans la catégorie des Meilleurs Films Étrangers lors de la cérémonie des Oscars en février dernier.

Ma note :  16/20