Acteurs :

Tom Schilling

Paula Beer

Sebastian Koch

Sakia Rosendahl

Oliver Masucci

Synopsis

Suite de la partie 1
Désormais installés en RFA, Kurt et Ellie tentent de se reconstruire loin de leur famille, tout en découvrant les joies de la liberté à l’Ouest. Accepté dans une prestigieuse école d’art berlinoise où il n’est plus contraint aux diktats du « réalisme socialiste », Kurt s’épanouit et affirme son style jusqu'à en repousser les limites. Mais la pratique de son art fait remonter en lui des souvenirs d’enfance longtemps enfouis qui lui révèlent le terrible passé qui le lie au père d’Ellie, le professeur Seeband.

Mon commentaire

Perdant la protection de l’officier russe qui va être muté à Moscou, le professeur Seeband et son épouse vont devoir quitter la RDA pour l’Ouest. Avant leur départ, Kurt et Ellie ont néanmoins eu le temps de leur révéler leur liaison et la grossesse de cette dernière…De leur côté, ils vont également tenter un passage à l’Ouest en 1961, qui va s’avérer plus simple que prévu et bientôt découvrir tous deux les joies de la liberté. D’autant que Kurt est bientôt accepté dans une prestigieuse école d’art à Berlin-Ouest au sein de laquelle il va pouvoir donner libre cours à son inspiration. Ce sera ensuite Düsseldorf, la ville de l’anticonformisme et du modernisme artistique, où Kurt va se faire des amis parmi les étudiants assistant au cours du très exigeant Professeur Van Verten (Oliver Masucci), alors qu’Ellie va trouver se son côté un emploi de couturière. Tout irait bien pour le couple si Ellie ne rencontrait pas systématiquement de gros problèmes de grossesse et si Kurt retrouvait la route de l’inspiration pour créer des œuvres qui lui ressemblent…

Cette seconde partie se démarque de la première par le simple fait que l’actualité historique des périodes traversées par le couple ne constitue plus le vrai sujet de fond du film. Florian Henckel von Donnersmark a préféré nous proposer un exposé sur ce que l’art représente dans les années 60 en Europe de l’Ouest, par opposition avec l’esprit du ‘réalisme socialiste’ du régime soviétique. A Düsseldorf, l’heure pour la créativité artistique est à l’inventivité, au travail de différentes matières, nous rappelant un peu les prémices de l’art contemporain. Cependant, il est clair que personne ne peut d’emblée s’improviser créateur original, pas même Kurt dont le style poussé aux extrêmes ne correspond pas à sa véritable nature. Il retrouvera un réel épanouissement personnel lors de réalisations à la peinture inspirées de photos récupérées çà et là dans des collections soi-disant privées, reproduites dans un style flouté. Tout cela simplement pour rappeler que les créations viennent de son inconscient, de son instinct : on peut dire que ces œuvres sont sans véritable auteur…Mais c’est grâce à certaines d’entre elles que les souvenirs d’enfance profondément enfouis vont ressurgir et éclairer Kurt sur le passé de son beau-père.

Si on se contente de cet aspect-là de l’histoire, on peut clairement dire que « l’œuvre sans auteur » est plutôt une réussite, d’autant que les images et la lumière sont particulièrement soignées, et les interprétations de Tom Schilling et de Paula Beer impeccables. La musique de Max Richter vient parfaire ce sentiment d’apaisement et de beauté et procurer de l’émotion.

Néanmoins, pour ceux qui comme moi qui attendaient plus d’explications sur les réelles intentions du Professeur Seeband à propos de Kurt, ce gendre créateur peu considéré et sur le rôle qu’il a joué réellement au sein du parti nazi, on est un peu déçu parce que laissé dans un flou artistique peu logique. De même, à l’heure où la traque des grands dirigeants nazis bat son plein, on aurait aimé que soient données quelques pistes sur l’avenir du Professeur Seeband et de sa femme, alors que leurs destins semblent totalement nous échapper.

Ma note : 15/20