Acteurs :

Tom Schilling

Paula Beer

Sebastian Koch

Sakia Rosendahl

Oliver Masucci

Synopsis

À Dresde en 1937, le tout jeune Kurt Barnet visite, grâce à sa tante Elisabeth, l’exposition sur " l’art dégénéré " organisée par le régime nazi. Il découvre alors sa vocation de peintre. 
Dix ans plus tard en RDA, étudiant aux Beaux-arts, Kurt peine à s'adapter aux diktats du " réalisme socialiste ". Tandis qu'il cherche sa voie et tente d’affirmer son style, il tombe amoureux d'Ellie. Mais Kurt ignore que le père de celle-ci, le professeur Seeband, médecin influent, est lié à lui par un terrible passé.
Epris d’amour et de liberté, ils décident de passer à l’Ouest…

Mon commentaire

Tout le monde ou presque se souvient de la première réalisation de l’ Allemand Florian Henckel von Donnersmark, « la Vie des Autres » , magnifique film d’espionnage sur la STASI (couronné par un Oscar , qui se déroulait dans les années 80, de l’autre côté du Mur…

Après « Les Touristes » en 2010, il nous propose « une œuvre sans auteur », un film fleuve en deux parties qui se déroule entre les années 1937 et les années 60, couvrant ainsi une période riche en rebondissements historiques pour la ville de Dresde et ses habitants, qui ont connu tour à tour la montée du nazisme, la guerre bien entendu, l’invasion soviétique…

Cette première partie couvre la période qui se termine dans les années 1950. Le jeune Kurt, après avoir sous l’influence de sa tante Élisabeth été séduit par une exposition de peinture sur « l’art dégénéré » (dont faisaient partie entre autres Picasso et Miró) organisée par le régime nazi, a décidé de devenir peintre.

On retrouve Kurt (Tom Schilling) après-guerre fréquentant l’École des Beaux-Arts de Dresde, mais bien en peine de partager le sillon artistique emprunté par le réalisme socialiste. Il rencontre de façon fortuite la jolie Ellie (Paula Beer), dont le physique lui rappelle étrangement celui de cette tante qui avait été à l’origine de sa vocation et ne tarde pas à en tomber amoureux. D’autant qu’il est le locataire des parents d’Ellie, son père étant le Professeur Seeband (Sebastian Koch), un gynécologue de renom et influent, qui s’avère avoir un rapport très important avec la famille de Kurt, alors que ce dernier l’ignore.

Ce film sorti en juillet dernier bénéficiant d’un bouche à oreille très favorable dans le relatif désert cinématographique de l’été, j’ai donc enfin décidé de trouver le temps de découvrir ce film. Bien entendu, on y retrouve sans surprise toutes les thématiques liées à la volonté de purification ethnique mise en place par les nazis. On découvre avec horreur et dégoût comment le ‘tri sélectif’ a commencé à s’opérer parmi le peuple allemand : la planète ne pouvant pas suffire à nourrir tous les humains, mieux valait que les biens servent à alimenter la race pure quitte à rayer de la carte ceux qui souffraient de maladies, de handicaps ou simplement présentant une santé physique ou mentale ‘fragile’. Florian Henckel von Donnersmark raconte évidemment tout cela, mais aussi comment les commanditaires de ces tris sont parvenus à passer à travers les mesures punitives appliquées par les Russes en 1945. Le film prend alors une autre couleur, celle d’une critique plutôt satirique du régime qui s’est mis en place, Kurt et son esprit décidément ouvert s’accommodant mal du carcan de la pensée soviétique. Mais il offre aussi une approche sur l’art, qui est loin de pouvoir à ces époques s’exercer en toute liberté.

Cette première partie se digère très vite et laisse forcément planer un certain nombre de mystères qu’on a hâte de voir élucidés dans la seconde partie…

Ma note : 16/20