Film vu en avant première, sortie nationale le 5 août 2020

Acteurs 

Mariko Tsutsui

Mikako Ichikawa

Sosuke Ikematsu

Mitsuru Fukikoshi

Synopsis

Ichiko est infirmière à domicile. Elle travaille au sein d'une famille qui la considère depuis toujours comme un membre à part entière. Mais lorsque la cadette de la famille disparaît, Ichiko se trouve suspectée de complicité d'enlèvement. En retraçant la chaîne des événements, un trouble grandit : est-elle coupable ? Qui est-elle vraiment ?

Mon commentaire

Kôji Fukada est un réalisateur japonais dit de la Nouvelle Vague qui est loin d'être débutant, puisqu'il a au moins une dizaine de longs métrages à son actif. En France, c'est surtout grâce à "Au revoir l'été" (2013) et surtout à "Harmonium", sorti sur les écrans en 2016 qu'il a été reconnu. Avec ce nouveau film "l'infirmière", il nous raconte comment le quotidien d'Ichiko (Mariko Tsutsui) une femme trentenaire infirmière à domicile va basculer du tout au tout. En effet, si Ichiko fait quasiment partie de la famille chez qui elle travaille, lorsque la fille cadette de la maison disparait, Ichiko bientôt se retrouve dans une position délicate en étant suspectée d'être complice de l'enlèvement... Alors que l'enquête avance et les media s'en mêlent, Ichiko semble perdre pied...Mais est-elle réellement coupable ? Les conséquences sont sans appel, sa vie entière part à vau l'eau...

Ce qui est assez étrange dans ce film où on ne peut qu'apprécier la qualité des images, le cadrage, l'harmonie des couleurs et l'originalité de certaines scènes (notamment celle du lavage de voiture), c'est que dès la découverte de l'affiche du film, la seule question qui se pose est : Ichiko ne cache-t-elle pas son jeu, est-elle aussi honnête et sincère qu'elle le parait ? Ici, point de présomption d'innocence, les jeux sont comme faits d'avance. C'est une façon un peu biaisée d'aborder cette histoire qui au demeurant pourrait arriver un peu à n'importe qui. Mais paradoxalement, il est vrai que dès le début de l'histoire, certaines de ses attitudes sont plus qu'ambigües, même si on comprend vite que d'autres enjeux dramatiques intimes sont en cours au sein de cette famille apparemment unie.

Kôji Fukada dans ce film tente de brouiller les cartes de façon un peu maladroite, en insistant parfois sur des périodes au point de les rendre répétitives, mais en revanche en passant en accéléré sur des instants - notamment en fin de film- qui auraient mérité d'être mieux traités ou tout au moins traités de façon moins rapide.

En conclusion, il reste un film esthétiquement réussi comme souvent dans le cinéma japonais, mais outre quelques incohérences comportementales ou chronologiques, qui laisse en bouche un léger goût d'inachevé. En tout cas ce n'est pas vraiment le thriller annoncé!

Ma note :  13/20