Acteurs

VF : Vincent Lindon

Isabelle Huppert

Romain Duris

Louis Garrel

VO : Bryan Cranston

Frances McDormand

Edward Norton

Liev Schreiber

Synopsis

En raison d’une épidémie de grippe canine, le maire de Megasaki ordonne la mise en quarantaine de tous les chiens de la ville, envoyés sur une île qui devient alors l’Ile aux Chiens. Le jeune Atari, 12 ans, vole un avion et se rend sur l’île pour rechercher son fidèle compagnon, Spots. Aidé par une bande de cinq chiens intrépides et attachants, il découvre une conspiration qui menace la ville.

Mon commentaire

Le metteur en scène texan Wes Anderson (The Grand Budapest Hôtel -2014-, Moonrise Kingdom en 2012) est décidément très prolixe mais aussi extrêmement inventif.

Après « Fantastic Mr Fox » sorti en 2009, il revient avec ce dessin animé de science fiction, tourné de nouveau pour la plupart des scènes en capture Motion (24 images par seconde) qui se déroule au Japon vers 2040. Le maire de la ville de Megasaki, Koyabashi-san, personnage despotique qui vient d’être réélu pour un nouveau mandat, adore les chats mais ne supporte pas les chiens...pour d’obscures raisons historiques de longue date. Ces derniers sont de gentils animaux domestiques, « meilleurs amis de l’homme », qui se sont reproduits en grand nombre dans l’archipel nippon, mais ils sont subitement atteints par une grippe canine contagieuse. Cette épidémie va servir de prétexte à Koyabashi san pour les déporter sur une île servant de réceptacle pour les détritus, l’île aux Chiens, même si les laboratoires pharmaceutiques sont à la recherche active d’un vaccin. Spots sera le premier chien à être déporté ; mais il s agit du chien d’Atari-San, le neveu orphelin de 12 ans que Koyabashi-san a recueilli et dont il est chargé de l’éducation ...

Atari-san bientôt dérobera un avion pour se rendre sur l’île poubelle à la recherche de son fidèle compagnon.

Amateurs de l’art de vie et de la culture japonais, vous allez être gâtés : Wes Anderson a recrée avec une précision incroyable l’esprit général qui règne dans l’archipel nippon, dans tous ses détails. La scène d’ouverture est absolument magnifique et on se trouve tout naturellement propulsé dans un Japon plus vrai que nature, ce qui donne bien sûr du poids à la crédibilité de l’histoire, histoire qui traite à la fois du racisme, de la manipulation d’esprit, de la pollution, de la  fraternité et des difficultés de communiquer. En effet, tous les chiens ne parlent qu’anglais (avec traduction !), alors que les Humains ne parlent que japonais…sans traduction aucune.

Le système de déportation des chiens mis en place par l’état ainsi que les conditions de survie des clans ne sont pas sans rappeler des images que chacun ne peut avoir oublié…Mais malgré toutes ces thématiques extrêmement sombres et graves, le réalisateur parvient à insuffler à son œuvre des bouffées d’oxygène grâce à un humour permanent et un optimisme récurrent. Malgré la gravité du propos, on rit souvent devant des scènes très croustillantes, notamment lors des échanges entre les différentes meutes, quand les uns et les autres évoquent leur vie d’antan et le souvenir qu’ils en conservent ! Sans compter que le caractère de chacun s’est affirmé dans ce contexte où survivre est l’essentiel, avec l’espoir d’un jour meilleur.

Bref, Wes Anderson a réussi une réalisation originale à l’humour caustique sur une situation d’une  gravité et d’une noirceur extrêmes, qui rappelle que la vie et la liberté sont bien peu de choses des lors qu’on se trouve victime de régimes de dictature. Il faut préciser que dans ce contexte mélancolique, la musique signée Alexandre Desplats allie habilement rock indépendant aux musiques traditionnelles japonaises et sert d’écrin à ce film à découvrir.

 

‘L’Ile aux Chiens » a obtenu l’Ours d’argent au dernier festival de Berlin

Ma note : 16/20