L'enfant perdue
L'enfant perdue
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Résumé

À la fin de Celle qui fuit et celle qui reste, Lila montait son entreprise d'informatique avec Enzo, et Elena réalisait enfin son rêve : aimer Nino et être aimée de lui, quitte à abandonner son mari et à mettre en danger sa carrière d'écrivain. Car elle s'affirme comme une auteure importante et l'écriture l'occupe de plus en plus, au détriment de l'éducation de ses deux filles, Dede et Elsa.
L'histoire d'Elena et de Nino est passionnelle, et bientôt Elena vit au gré de ses escapades pour retrouver son amant. Lors d'une visite à Naples, elle apprend que Lila cherche à la voir à tout prix.
Après avoir embrassé soixante ans d'histoire des deux femmes, de Naples et de toute l'Italie, la saga se conclut en apothéose. Plus que jamais, dans L'enfant perdue, Elena Ferrante nous livre un monde complet, riche et bouillonnant, à la façon des grands romanciers du XIXe siècle, un monde qu'on n'oublie pas.

Mon Commentaire

Et de 4 ! Me voici donc arrivé au bout de cette saga italienne commencée il y a quelques années, puisque j’ai finalement respecté peu ou prou les écarts de sortie entre les tomes en librairie - même si effectivement avec un certain décalage.

Le plus difficile dans un roman comme celui ci lorsqu’on le lit ainsi de façon décousue, c’est de se remémorer l’intégralité des personnages ainsi que les évènements qui les ont frappés…Mais passées les cinquante premières pages de ce quatrième tome, c’est incroyable comme le talent de l’auteure nous a marqués, car petit à petit les souvenirs reviennent. Bref, on retrouve vite le charme de cette histoire tragique d’amitié prodigieuse entre ces deux protagonistes, Lenu et Lila, que presque tout oppose dans la vie mais qui finissent par se retrouver et s’épauler envers et contre tous.

Comme pour l’épisode précédent « celle qui fuit et celle qui reste », la narratrice reste Elena, cette jeune femme qui vient d’être reconnue comme écrivain mais qui va sacrifier sa vie familiale et presque sa réussite professionnelle pour retrouver son amour d’enfance, le merveilleux Nino. Lilà de son côté n’a pas quitté Naples certes mais n’en a néanmoins pas profité pour rendre son entreprise prolifique avec Enzo son compagnon.

Ce tome quatre relate avant tout la passion d’Elena et de Nino, quitte à mettre en veilleuse ce qui faisait le charme des précédents épisodes, notamment le contexte historico-politique qui a prévalu dans les années 80. Il y a bien quelques allusions par petites touches lors de certains chapitres aux kidnappings liés aux mouvements extrémistes de l’époque, des allusions aux élections et à la politique (qu’on aurait voulu plus détaillées) mais on a plus l’impression que tout ce petit monde vit comme dans une bulle d’euphorie, jusqu’à ce que les évènements en décident autrement. Elena Ferrante à ce moment réussit à nous replonger dans le monde de la misère, des complots et de la violence qui règne alors au sein de Naples, alors que l’action en majorité se joue entre deux appartements d’un même immeuble sordide de la ville. Il est exact que la romancière est particulièrement douée pour reconstituer les atmosphères au point qu’on parfois l’impression de réellement habiter dans le quartier et de côtoyer tous les voisins de Lenu et Lilà et de leurs enfants…

Pourtant, alors qu’on avance dans le livre, on regrette comme dans l’opus précédent des redites qui alourdissent l’histoire et même quasiment à la fin de l’ouvrage des pages de ‘divagation’ sur la ville de Naples, ce qu’elle a été depuis sa création , ce qu’elle est actuellement et ce qu’elle deviendra …

On ne dira bien sûr rien de la fin de cette histoire incroyable mais il est clair qu’en quatre tomes, on aura eu le temps malgré tout de s’attacher à ce microcosme, pas forcément sympathique mais rendu tellement authentique grâce au talent de celle qui se fait appeler Elena Ferrante.

Ma note : 14/20

Photo BibliObs