Acteurs 

Evan Rachel Wood

Gina Rodriguez

Richard Jenkins

Debra Winger

Mark Ivanir

Diana Maria Riva

Synopsis

Le film fait partie de la Sélection Officielle de Deauville 2020


Theresa et Robert ont passé 26 ans à former leur fille unique, Old Dolio, à escroquer, arnaquer et voler à chaque occasion. Au cours d'un cambriolage conçu à la hâte, ils proposent à une jolie inconnue ingénue, Mélanie, de les rejoindre, bouleversant complètement la routine d'Old Dolio.

Mon commentaire

Tiens, revoilà sur les écrans français un film made in Hollywood, qui plus est présenté en compétition au dernier Festival de Deauville. « Kajillionnaire », le troisième opus de la réalisatrice Miranda July, découverte et récompensée à Cannes et à Sundance en 2005 pour son film ‘Moi, toi et tous les autres’ n’est certainement pas une production hollywoodienne comme les autres, car elle penche clairement vers le cinéma d’auteur. Le pitch met en scène la famille Dyne, Robert (Richard Jenkins), sa femme Theresa (Debra Winger) et leur fille prénommée de façon très surprenante Old Dolio (Eva Rachel Wood). Toute la famille ne vit à Los Angeles que grâce à des larcins ou escroqueries plus ou moins rentables, et sans le sou, habite contre une somme modique qu’elle ne peut honorer néanmoins un étrange bureau entrepôt dont la particularité est d’être envahi d’une mousse rose qui dégouline du plafond… Au cours d’un cambriolage foireux, les parents décident d’engager en plus Mélanie (Gina Rodriguez) pour les aider dans leurs démarches pas assez rentables…

Le ton est donné : on semble d’emblée être tombé dans une comédie loufoque à l’issue improbable, d’autant que l’arrivée de Mélanie bouscule la certaine légitimité acquise par Old Dolio, dont le côté perdu et impassible semble se fissurer. En fait de comédie, on comprend après un certain temps de latence que tout ce petit monde est bien fragile, non seulement du point de vue pécuniaire, mais surtout et bien plus profondément du côté affectif. Tout cela dans une ville certes superbe mais dont l’issue fatale (comprendre l’ultime tremblement de terre) pourrait être proche, d’autant que les secousses telluriques se multiplient…

En fait, ce film tire vers un surréalisme total auquel on finit par adhérer, ou pas vraiment. Reste que la photographie est très belle, et surtout que l’interprétation d’Evan Rachel Wood en jeune femme totalement introvertie malgré elle et en réel manque d’amour vaut le détour. Certains cinéphiles crieront au chef d’œuvre ; j’ai pour ma part passé un moment intéressant, en découvrant cette comédie douce amère, sans plus.

Ma note :  12/20