Acteurs

Denis Ménochet

Léa Drucker

Thomas Gioria

Mathilde Auneveux

Florence Janas

Synopsis

Le couple Besson divorce. Pour protéger son fils d’un père qu’elle accuse de violences, Miriam en demande la garde exclusive. La juge en charge du dossier accorde une garde partagée au père qu’elle considère bafoué. Pris en otage entre ses parents, Julien va tout faire pour empêcher que le pire n’arrive.

Mon commentaire

Pour son premier film, le réalisateur Xavier Legrand (qui pour les connaisseurs a reçu en 2014 le César du meilleur court métrage) nous raconte l’histoire tristement banale d’un couple qui se sépare. Le film s’ouvre d’ailleurs sur une séance quasi documentaire devant la juge où Myriam Besson (Léa Drucker) et son mari Antoine (Denis Ménochet) se confrontent par l’intermédiaire de leurs avocats respectifs. Tout est à la fois simple puisque la séparation est actée mais il reste par contre à régler le lourd problème de la garde alternée de Julien (Thomas Gioria), leur fils âgé de 10 ans. Selon la procédure usuelle, Julien a rédigé une lettre disant qu’il refuse totalement la garde alternée réclamée par son père : il veut rester avec sa mère et sa grande sœur Joséphine (Mathilde Auneveux) qui va bientôt fêter ses 18 ans. Les propos sont durs mais semblent injustes vis-à-vis d’Antoine dont on comprend à travers les mots de Julien que le comportement n’a pas toujours été exemplaire. Mais qui a tort ? Qui a raison ? Pourquoi ce silence glacial de Myriam, alors qu’Antoine a tout quitté pour se rapprocher de ses enfants ? Pourquoi tant de haine ?

Xavier Legrand met en scène un film très froid, où les non dits sont souvent plus éloquents que de longs dialogues. L’atmosphère qui règne est totalement glaciale, bien rendue par des plans fixes et des plans filmés en Cinémascope, dans un décor dénué de toute forme de chaleur. L’importance des sons contribue à recréer une atmosphère où règne le malaise et se concrétise la montée d’une tension de plus en plus perceptible. Xavier Legrand signe ici un premier long métrage de grande qualité et extrêmement poignant, qui mène le spectateur en plein cœur d’un drame de violence conjugale. Les interprétations de Myriam, d’Antoine, sans compter celle du jeune Julien sont absolument parfaites car tout cela sonne affreusement juste. Pas étonnant que « Jusqu’à la garde » se soit vu décerner le Lion d’Argent à la dernière Mostra de Venise, complété par le Prix du Meilleur Premier Film ! Cette histoire tristement banale nous prouve une fois plus combien les enfants subissent de plein fouet la séparation de leurs parents. Difficile pour eux de se pouvoir se rebeller mais aussi de se protéger.

Ce n’est sûrement pas un film à gros budget mais néanmoins un film à l’effet garanti, dont on gardera en mémoire la puissance d’expression et le suspense parfaitement maîtrisé.

Ma note : 16/20