Show More

Acteurs 

Renée Zellweger

Jessie Buckley

Finn Wittrock

Rufus Sewell

Michael Gambon

Richard Cordery

Bella Ramsey

Royce Pierreson

Darci Shaw

Synopsis

Hiver 1968. La légendaire Judy Garland débarque à Londres pour se produire à guichets fermés au Talk of the Town. Cela fait trente ans déjà qu’elle est devenue une star planétaire grâce au Magicien d’Oz. Judy a débuté son travail d’artiste à l’âge de deux ans, cela fait maintenant plus de quatre décennies qu’elle chante pour gagner sa vie. Elle est épuisée. Alors qu’elle se prépare pour le spectacle, qu’elle se bat avec son agent, charme les musiciens et évoque ses souvenirs entre amis ; sa vivacité et sa générosité séduisent son entourage. Hantée par une enfance sacrifiée pour Hollywood, elle aspire à rentrer chez elle et à consacrer du temps à ses enfants. Aura-t-elle seulement la force d’aller de l’avant ?

Mon commentaire

Qui aurait dit que le premier film portant sur la célébrissime star américaine Judy Garland (Renée Zellweger et Darci Shaw, jeune) l’inoubliable Dorothy du « Magicien d’Oz » serait l'oeuvre d'un directeur de théâtre anglais, Rupert Goold, et son premier long-métrage ?

En fait, ce retour sur la carrière de la star américaine, tombée dans le système hollywoodien entre les griffes du magnat Leo-B-Mayer de la Metro Goldwyn Mayer - à la fois Pygmalion paternaliste et financier sans pitié - n'est pas à proprement parler un biopic, mais à la manière de la pièce « End of the Rainbow « de Peter Quilter dont le film est l’adaptation plante le décor sur une période spécifique de la vie de la chanteuse. Le scénario de Tom Edge met en lumière la période de l’hiver 1968, durant laquelle Judy Garland doit donner des spectacles alors qu'elle est aux Etats Unis couverte de dettes et contrainte de laisser la garde de ses enfants à son ex-mari. Mais si elle est consciente de son aura internationale et succombe volontiers au charme de nouveaux amants, elle est de plus en plus fatiguée depuis le temps qu'elle ne mange ni de dort plus...Elle se bat avec son argent, résiste bon gré mal gré grâce à l'absorption de médicaments et d'alcool dont elle abuse de façon souvent immodérée...Elle attire les fans et les admirateurs autant que les profiteurs, même si elle aspire enfin à vivre, tant elle a été en manque d'amour et de générosité depuis sa plus tendre enfance, travaillant sans relâche jusqu'à 18 heures par jour...

Compte tenu de la pluie de récompenses qui est tombée sur la tête de Renée Zellweger depuis le début de l'année (artiste qu'on avait sérieusement perdue de vue depuis plusieurs années, son dernier vrai film en date étant "Chicago" en 2002, ou plus récemment "Bridget Jones baby" en 2016), il était tout naturel d'aller découvrir "Judy" et son interprète. De fait, Renée Zellweger qui pour moi n'a jamais jusqu'alors été une actrice de premier plan réalise une prouesse tout à fait remarquable : il est vrai que son physique a été visiblement marqué par des soucis personnels, mais le travail accompli pour rentrer dans la peau de la chanteuse est impressionnant. Il faut souligner que l’actrice a pris des cours intensifs de chant pour interpréter le répertoire de Judy Garland : le résultat est tout à fait bluffant, notamment son interprétation du célèbre tube « over the Rainbow » tout à fait poignante.

Pour couper le côté théâtral du film, le réalisateur a choisi de procéder à des flashbacks dans la vie de Judy, tous situés à la même époque. Celle de ses 16 ans, lorsque l’adolescente commence à vouloir s’émanciper de la tutelle tyrannique des studios, en assumant son envie de vivre comme bon lui semble en flirtant par exemple avec le jeune Mickey Rooney ...

S’il est vrai qu’on ne s’ennuie pas durant la projection, on reste néanmoins dubitatif devant quelques anachronismes : la rencontre entre Judy et sa fille Liza lors d’une soirée qui paraît davantage avoir l’âge de sa sœur que de sa fille, l’âge des tout jeunes enfants laissés à New York... Et la réalisation qui s’oblige probablement à suivre scrupuleusement le déroulement des derniers spectacles ne convainc pas totalement, malgré une belle restitution de l’atmosphère de Londres de la fin des années 60. Malgré tout le talent de Renée Zellweger, le film manque singulièrement d’âme et de relief tant il se contente d’enchaîner les scènes de spectacle. C’est un peu dommage au total !

Ma note :  15/20