Show More

Acteurs 

Roman Griffin Davis

Thomasin McKenzie

Scarlett Johansson

Taika Waititi

Sam Rockwell

Rebel Wilson

Alfie Allen

Stephen Merchant

Archie Yates

Ana de Armas

Synopsis

Jojo est un petit allemand solitaire. Sa vision du monde est mise à l’épreuve quand il découvre que sa mère cache une jeune fille juive dans leur grenier. Avec la seule aide de son ami aussi grotesque qu'imaginaire, Adolf Hitler, Jojo va devoir faire face à son nationalisme aveugle

Mon commentaire

On connaît désormais un peu mieux Taika Waititi, ce metteur en scène iconoclaste néo-zélandais né d’un père Maori et d’une mère juive d’origine russe. Après « Boy » en 2010, « Vampires en toute intimité » en 2014 et sa première expérience hollywoodienne « Thor-Ragnarok » en 2017, Waititi a choisi d’adapter au cinéma le roman « Le ciel en cage » de Christine Leunens, publié en 2004, l’histoire durant l’Allemagne nazie d’un petit garçon de 10 ans, Johannes Betzler (Roman Griffin Davis), peu confiant et livré à lui-même lorsqu’on l’oblige à rejoindre les jeunesses hitlériennes. Lorsqu’il découvre que sa mère Rosie (Scarlett Johansson), femme au caractère fort, cache dans leur grenier une jeune adolescente juive Elsa Korr (Thomasin McKenzie), Jojo ne sait plus trop quoi penser…Seul lui vient en appui et conseil son ‘ami’ aussi grotesque qu’imaginaire Adolf Hitler (Taika Waititi) lui-même…

En traitant de façon humoristique et décalée cette période très sombre de l’histoire contemporaine, Waititi a voulu montrer la fragilité intellectuelle et le terreau propice que représentent les cerveaux des jeunes enfants dont l’opinion peut être fortement influencée. Ce film qui fait penser à un conte surréaliste montre particulièrement bien le processus de subjectivité de JoJo, fasciné à la fois par la violence antisémite et sa vulgarisation et partagé dans son for intérieur par une innocence et une incompréhension enfantine devant tant de haine, alors que celle-ci est particulièrement absente de son environnement familial au sein duquel c’est bien l’amour qui prime.

Waititi a choisi d’appuyer là où ça fait mal mais en utilisant l’arme de la satire, en opposant le rire face à l’indescriptible horreur, un peu à la manière de Roberto Benigni dans « La vie est belle ». Le film dont la portée est plus importante qu’il n’y parait séduit aussi par la symétrie des plans et le choix de décors et de costumes dans les tons pastel qui semblent faire écho à une légèreté symptomatique du point de vue de JoJo, qui contraste totalement avec la noirceur du propos. L’atmosphère rendue n’est pas sans rappeler l’univers des films de Wes Anderson façon maison de poupée, vue à travers le prisme pathétique du nazisme…Bien entendu, le film n’est pas parfait et on peut regretter certaines invraisemblances comportementales de certains personnages…Mais on gardera en tête particulièrement quelques scènes magnifiques, dont celle du long dialogue entre Jojo et sa mère, ainsi que la scène finale, particulièrement originale et magnifique.

Pas étonnant dans ces conditions, que le film ait fait l’objet de tant de nominations il est certain que « JoJo Rabbit » ne pourra pas vous laisser de marbre.

Ma note :  15/20