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Acteurs 

avec les voix de

Hakim Faris

Victoire Du Bois

Patrick d’Assumçao

Belamine Abdelmalek

Synopsis

A Paris, Naoufel tombe amoureux de Gabrielle. Un peu plus loin dans la ville, une main coupée s’échappe d’un labo, bien décidée à retrouver son corps. S’engage alors une cavale vertigineuse à travers la ville, semée d’embûches et des souvenirs de sa vie jusqu’au terrible accident. Naoufel, la main, Gabrielle, tous trois retrouveront, d’une façon poétique et inattendue, le fil de leur histoire...

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Mon commentaire

« J’ai perdu mon corps » : drôle de nom pour ce film d’animation 100% français, réalisé par Jérémy Clapin. On connaissait le talent tricolore pour les créations originales en la matière, depuis les « Triplettes de Belleville » de Sylvain Chaumet, avec un style plutôt apparenté à la caricature et l’esprit à Jacques Tati, ou bien sûr toute la filmographie de Michel Ocelot, et les mondes magiques ou historiques qu’il nous a livré depuis « Kirikou » jusqu’à « Dilili à Paris » cette année.

Le travail de Jérémie Clapin est un mélange des genres, mais semble clairement inspiré par l’œuvre de Miyazaki (réalisateur entre autres de « Mon voisin Totoro ») tout d’abord par son esthétisme, mais aussi par la poésie et la mélancolie qui se dégagent…

Ce premier long métrage de Jérémy Clapin est librement inspiré du roman « Happy Hand »de Guillaume Laurant, scénariste et collaborateur régulier de Jean-Pierre Jeunet. Il relate parallèlement l’histoire d’une main (!) échappée d’un laboratoire, qui va faire face aux dangers multiples de la vie quotidienne urbaine pour rechercher désespérément le corps auquel elle appartient, et celle du jeune Naoufel, 20 ans, dont la vie n’est faite que d’un enchaînement de malheurs et de déconvenues jusqu’au jour où il tombe fortuitement amoureux de la jolie Gabrielle…

On est littéralement bluffé par la - les- techniques 2 et 3 D utilisées par l’équipe du film afin de donner vie à cette main, qui est un personnage entier à elle seule, comme dotée d’une intelligence suprême. Tous les cadrages ont été d’ailleurs effectués à hauteur de la main, quitte à morceler les visages qui ne voient pas le monde de la même façon ni à la même échelle. Mais on est également touché par la beauté et la sensibilité de cette histoire, qui met en avant sous forme d’une parabole les intentions communes de Naoufel pour qui la rencontre avec Gabrielle est une manière de redonner un sens et une unité à sa vie, et celle de cette main qui n’a de cesse de rejoindre le corps duquel elle a été détachée. Les images sont belles, les lumières et les couleurs également, sans compter une musique discrètement présente mais très bien choisie…

On ressort de cette projection forcément ému, tant la mise en scène se révèle magistrale et incroyablement originale de bout en bout Et on se dit qu’on a très envie de découvrir le prochain film de Jérémy Clapin, qui a été unanimement salué lors des festivals de Cannes et d’Annecy, ce dernier lui ayant décerné le « Cristal du Long Métrage » et le « Prix du Public ».

Ma note : 17/20