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Au Musée Jacquemart André jusqu'au 22 juillet 2019

Thématique :

UNE RÉTROSPECTIVE DU MAÎTRE DE LA PEINTURE DANOISE

Découvert à Paris au Petit Palais en 1987 puis à Orsay en 1997, Hammershøi fascine par ses peintures représentant des intérieurs vides et subtils où figure parfois la silhouette d’une femme de dos, dans des gammes de gris et de blanc.

Les tableaux exposés évoquent l’ensemble de l'œuvre d’Hammershøi et son atmosphère profonde et mystérieuse. Peu sociable et taciturne, Hammershøi a passé sa vie entière dans un cercle restreint qu’il n’a eu de cesse de représenter : ses modèles sont sa mère, sa sœur, son frère, son beau-frère et quelques amis proches. Ses œuvres représentent également Ida, son épouse, que l’on retrouve souvent de dos, dans nombre des intérieurs qui l’ont rendu célèbre.
Vous découvrez également les liens d’Hammershøi avec la France, ses deux séjours à Paris et sa participation dans la même ville aux Expositions universelles de 1889 et de 1900.

HAMMERSHØI FACE À SON CERCLE PROCHE

Le Musée Jacquemart-André aborde l’art d’Hammershøi dans une perspective nouvelle en illustrant ses liens avec les artistes de son entourage. Pour la première fois, cette rétrospective permet de confronter les œuvres d’Hammershøi avec des tableaux de son frère Svend Hammershøi, de son beau-frère Peter Ilsted et de son ami Carl Holsøe. Cette mise en regard souligne leurs affinités, leurs différences et le génie singulier de Vilhelm Hammershøi, l’artiste de la solitude, du silence et de la lumière.

DES PRÊTS EXCEPTIONNELS

Une quarantaine d’œuvres révèlent l’univers mystérieux et poétique de l’artiste. Des œuvres inédites issues de la Ambassador John L. Loeb Jr. Danish Art Collection, rarement exposées lors des grandes rétrospectives internationales dédiées à Hammershøi, sont présentées pour la première fois en France. L’exposition présente également des prêts provenant de grands musées du Danemark et de Suède tels que le Statens Museum for Kunst, la Hirschprungske Samling de Copenhague, le Nationalmuseum et la Thielska Galleriet à Stockholm et le Malmö Konstmuseum mais aussi du musée d'Orsay et de la Tate de Londres ainsi que de collections particulières. Des œuvres majeures illustrent toutes les facettes du travail d’Hammershøi, des premiers portraits aux nus, en passant par les vues d'architecture et les paysages, et bien sûr l’extraordinaire série d’intérieurs aujourd'hui célèbre

Mon commentaire

Cela faisait plus de 20 ans que Paris n’avait pas organisé de rétrospective des œuvres de ce peintre, Vilhelm Hammershøi (1864-1916). L’exposition très complète nous permet de mieux comprendre les sources d’inspiration de celui-ci ainsi que de mieux percevoir sa personnalité.

Comme son frère cadet Sven, il a été poussé dès l’âge de 8 ans vers la peinture par sa mère Frederikke, une femme au caractère fort, qui élève seule ses deux garçons. Elle sera pour son fils Vilhelm à la fois son aiguillon et son mentor, mais également souvent une de ses sources d’inspiration puisqu’à de multiples occasions il en fera le portrait ou la fera apparaître dans des compositions insolites, comme dans « l’intérieur avec la mère de l’artiste »

Tout au long des 8 salles autour desquelles s’articule l’exposition, on découvre les différentes sources d’inspiration du peintre : d’abord des portraits, d’Ida Ilsted (sœur du peintre Peter Ilsted), qui sera sa future épouse, puis ceux de femmes ou d’hommes dont l’attitude semble comme détaché de toute temporalité et également des autoportraits. On découvre ensuite également des paysages, vidés de toute forme de vie et dont les premiers plans s’estompent au profit des plans plus profonds, où par endroit on peut parfois reconnaître au loin un moulin ou une maison. De ces peintures toujours très pâles voire délavées ressort un sentiment de vide et de silence étrange.

Hammershøi aura également été inspiré par la réalisation de nus féminins, dont il aura pris soin de ‘flouter’ les visages’, alors qu’en revanche son pinceau forcera sur certains détails corporels…Mais ses peintures de prédilection porteront surtout sur des intérieurs souvent habités par un personnage, parfois son frère, mais plus souvent une femme, vêtue de noir et peinte de dos (Ida, en principe), comme pour préserver un anonymat bienveillant et surtout ne rien évoquer de sa vie privée, qui jamais ne transparait.

Au contraire des peintres de son entourage proche, Peter Ilsted et Carl Holsøe dont les œuvres jalonnent les salles d’exposition aux côtés des œuvres du Maître, l’œuvre de Vilhelm Hammershøi très tôt reflète une personnalité préférant la solitude et vivant en retrait de la société : sa peinture se caractérise par sa froideur et une certaine étrangeté, traduisant son caractère taciturne et son goût pour les choses simples. Alors qu’ailleurs en Europe explose l’impressionnisme qui fait une large place aux extérieurs et à une débauche de couleurs, Hammershøi préfère quant à lui peindre des scènes de la vie quotidienne et l’intérieur de maisons danoises, utilisant essentiellement pour ses œuvres des dégradés de gris et de brun, confinant à une certaine sensation d’abstraction. On sait qu’il a été très inspiré par Vermeer et plus généralement par les grands peintres néerlandais du siècle d’Or, ce qui lui vaudra l’admiration du chorégraphe russe Diaghilev et de l’écrivain allemand Rainer Maria Rilke.

Dans la majeure partie des peintures exposées présentant des scènes d’intérieur – dont les « cinq portraits », œuvre magistrale de 3 m de large ! -, Hammershøi semble d’ailleurs s’être inspiré à la fois du luminisme de Rembrandt, mais aussi comme beaucoup de ses contemporains des effets de la photographie, jouant de façon extrêmement habile sur les clair-obscur. Pour ce tableau d’une rigueur ascétique qui s’articule sur un enchevêtrement de lignes horizontales et verticales, l’ambiance rendue a de son côté nettement inspiré le réalisateur Gabriel Axel pour son film « le festin de Babette ».

S’il faut faire preuve d’un peu de patience au sein du magnifique Musée Jaquemart André pour parvenir à l’entrée de l’exposition Hammershøi, la qualité et la variété des œuvres exposées est indéniable, donc la visite vaut vraiment le détour.

Ma note : 16/20
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Photographie d'Hammershøi (photo perso)

portrait de Ida Ilsted (photo perso)

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Portrait de la mère de l'artiste (photo perso)

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Paysage à Lejre (photo perso)

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intérieur/intérieur avec rayon de soleil sur le sol (photo perso )

Hvile dit aussi Repos (photo perso)