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Acteurs 

Romain Duris

Vincent Cassel

Sandrine Kiberlain

Elodie Bouchez

Hafsia Herzi

Charles Berling

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Synopsis

Au sein de la famille Arnault, Dany, le fils aîné, disparaît. François Visconti, commandant de police usé par son métier, est mis sur l’affaire. L’homme part à la recherche de l’adolescent alors qu’il rechigne à s’occuper de son propre fils, Denis, seize ans, qui semble mêlé à un trafic de drogue. Yan Bellaile, professeur particulier de Dany, apprend la disparition de son ancien élève et propose ses services au commandant. Il s’intéresse de très près à l’enquête. De trop près peut-être…

 

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Mon commentaire

Dany Arnault, 16 ans, a disparu un matin en partant au collège. Il n’a pourtant qu’un petit bois à traverser pour y parvenir. Sa mère Solange (Sandrine Kiberlain), effondrée, a contacté la police et c’est le Commandant François Visconti (Vincent Cassel), désabusé par son métier et passablement alcoolique, qui est en charge de l’enquête. Il a parallèlement de gros soucis avec son propre fils Denis, impliqué dans un trafic de drogue. Un voisin des Arnault, Yan Belaile (Romain Duris), par ailleurs professeur de français de Dany, se propose d’aider Visconti dans ses recherches.

Librement adapté du roman policier de l’écrivain israélien Dror Mishani, Erick Zonca démontre clairement sa volonté de nous emmener dans un film sombre.

Sans en révéler la teneur, l’histoire racontée ici est en elle-même extrêmement glauque et assez surprenante. On a d’ailleurs beaucoup de mal à y adhérer, tant de fausses pistes plus tentantes et plus logiques sont à portée de main... On ne comprend pas vraiment non plus l’intérêt d’insister sur les rapports extrêmement hostiles et violents entre Visconti et son fils, hormis sûrement parce que le Commandant est désabusé de tout et porte un regard noir sur sa vie et son entourage familial et professionnel, exportant à qui veut son mal-être et ses rancœurs.

En réalité, l’essentiel de l’intérêt de ce film porte en revanche sur la qualité de la distribution et sur l’interprétation. Avec en tout premier lieu, celle de Vincent Cassel - qui a remplacé au pied-levé Gérard Depardieu - dans le rôle du Commandant Visconti, qui est sans contestation possible l’une des grandes réussites de ce film, qui ne fait que confirmer le caractère incontournable de ce grand comédien, de l’étoffe des Gabin ou Ventura dans son interprétation : l’imper froissé à la Columbo, le costume mal taillé et la cravate bouchonnée, le cheveux gras, la barbe hirsute, le regard tantôt vide, tantôt pénétrant, il est vraiment impeccable. Mais il y a aussi la présence de Romain Duris, également surprenant dans ce rôle de professeur pseudo écrivain à l’esprit plutôt tortueux et mythomane, qui montre ici un nouvel aspect dans la palette de ses talents. Rien à dire non plus sur l’interprétation de Sandrine Kiberlain, tour à tour désespérée, faible ou facile, mais attentive à l’éducation de ses enfants, dont sa fille cadette Marie, handicapée mentale. On appréciera également la présence dans de beaux seconds rôles de Hafsia Herzi en secrétaire forte et efficace de Visconti, de Charles Berling en inspecteur de police beaucoup plus tacticien ou encore de la trop rare Elodie Bouchez dans le rôle d’épouse du professeur Belaile.

Un film à l’ambiance poisseuse à mon sens trop complexe pour être crédible, par conséquent semblant trop long, qui vaut surtout par la présence de très bons acteurs.

Ma note : 11/20