Acteurs 

Jack Kao

Lee Hong-shi

Louise Grinberg

Lu Huang

Ning Ding

Chin-Hang Shih

Synopsis

Trois nuits de la vie d’un homme. Trois nuits à traverser un monde interlope, qui ont fait basculer son existence ordinaire. Il est sur le point de commettre l’irréparable. Mais son passé va le rattraper…

Mon commentaire

L’arrivée dans ce film sous couvert d’une musique un peu mièvre est un vrai choc…Que s’est-il passé en réalité et pourquoi d’emblée cette violence, qui est cette personne qui se suicide ? C’est ce que le réalisateur taiwanais Wi-ding Ho a voulu nous raconter, à travers trois nuits de la vie d’un homme, correspondant à trois périodes historiques distinctes…

Embarqué dans un premier temps dans un futur à l’arrière-goût de « Big Brother », dans cette première partie appelée « Désillusion » on se retrouve dans un film qui se situe à la limite du film d’anticipation et du thriller psychologique. L’ambiance hivernale est glauque, voire sordide, lorsque la technologie explose et que le commun des mortels est l’objet d’un suivi minutieux de chaque instant, et que la société telle qu’on la connait semble bien sur le déclin. On fait alors la rencontre de Lao Zhang (Jack Kao), un soixantenaire qui a décidé de se venger d’un officier gradé. Visiblement, ce dernier lui a gâché sa vie 30 ans plus tôt…Les deux autres périodes que l’on découvre ensuite, appelées respectivement, « Désir » et « Innocence » vont nous ramener à des époques plus proches de nos jours. On ne dira bien sûr rien du fil apparemment invisible qui relie ces différentes époques, mais force est de constater que la mise en scène à rebours du temps de ce film qui a été classifié comme « film policier » est extrêmement audacieuse et originale.

Une fois acceptée la violence de certaines scènes qui tiennent du règlement de compte en bonne et due forme, le film présente une certaine esthétique dans ses images et se couleurs qui rappellent évidemment celle de Wong-Kar-Wai -notamment dans son film 2049 -, donnant un peu de chaleur et un côté mélodramatique à ce polar qui dresse le portrait d’un homme rongé par la vengeance et la puissance destructrice des regrets. En plus, le réalisateur nous livre une peinture peu glorieuse de Taipei, la capitale interlope de l’île, au sein de laquelle règne au-delà d’une prostitution en bonne et due forme, une corruption qui gangrène jusqu’aux services de police : c’est à se demander qui, entre les voyous pourvus d’une certaine sensibilité et les flics véreux, sont les plus à blâmer.

Les intéressantes idées de mise en scène dont le film fourmille et son atmosphère très particulière constituent deux bonnes raisons de découvrir ce beau polar chinois.

 

« Face à la nuit » a obtenu le premier Prix du Festival du film policier de Beaune 2019

Ma note : 14/20