Show More

Au Grand Palais jusqu'au 10 février 2020

Thématique :

Le dernier grand maître de la Renaissance, le peintre espagnol Greco, est le sujet de cette exposition monographique qui lui est consacrée au Grand Palais. Venez y découvrir les roses, jaunes, verts, bleus de sa palette flamboyante jusqu'au 10 février.

Cette rétrospective est la première grande exposition monographique française consacrée au génie que fut Gréco. Redécouverte par les avant-gardes européennes au tournant des XIXe et XXe siècles, son œuvre à la fois fougueuse et électrique, allie tradition et innovation dans un esprit humaniste, à l’aube du siècle d’or.

Mon commentaire

En fait de peintre espagnol, Greco est né Domenikos Theotokópoulos …en Crète, en 1541, à Candie (Héraklion de nos jours) et par conséquent est grec, comme son nom d’artiste l’atteste. Parti très tôt de son île natale, il s’est d’abord rendu en Italie, à Venise, pour faire ses armes, apprendre de nouvelles techniques et s’inspirer des plus grands, dont le Titien, Tintoret ou Michel Ange, disparu quelques années auparavant, puis à Rome où il ne parvient pas plus à se faire une place dans un environnement déjà riche de grands artistes. C’est en Espagne finalement qu’il trouvera sa place, et plus particulièrement à Tolède qui à l’époque fait référence en matière d’art, bien devant Madrid pourtant capitale du pays. C’est d’ailleurs le Roi d’Espagne Philippe II, grand admirateur du Titien, qui lui ouvrira les portes de la ville…

Dès son plus jeune âge, Greco mélange les styles, puisqu’il est formé d’abord dans la tradition byzantine, à laquelle il va ajouter au fil des ans le langage des couleurs cher à Venise, ce qui va le faire abandonner les peintures d’icônes sur bois pour l’emmener vers les ambitions de la Renaissance. Le tryptique de Modène, qu’on découvre dans l’exposition en est la preuve même. Lors de son passage italien de Venise à Rome, Greco est cantonné dans la peinture de petits tableaux sur bois, notamment par la représentation de Saint Luc, représentant de la corporation des peintres, mais jamais il n’a accès aux grandes commandes décoratives, ignorant à l’époque la technique de la fresque…

En compensation, à Rome, de 1570 à 1576, Greco se fait tout de même le peintre spécialiste des portraits, qui lui assurent une belle réputation, grâce à un subtile mélange entre le style vénitien qu’il a acquis, mais aussi les réminiscences de l’art byzantin et une certaine modernité dans le traitement des visages et des volumes, souvent très étirés, des personnages brillants et souvent puissants qui posent pour lui.

On a souvent dit que Greco avait un caractère difficile pour exprimer son instabilité géographique : une chose est certaine, il devait être difficile pour un artiste étranger parlant mal l’italien de se faire une place au soleil à Venise ou Rome…Mais malgré des calomnies fréquentes, son obstination à défendre l’Art font que Greco sera un des plus grands peintres de la Renaissance, qui fera de Tolède, son eldorado. Les riches familles castillanes humanistes et cultivées qui y habitent constituent d’ailleurs une clientèle de choix, que ce soit en matière de commandes de portraits que de fresques pour décorer chapelles et oratoires.

L’exposition bien entendu tournée vers la religion chrétienne outre les portraits fait également apparaître d’autres facettes du talent du Greco, notamment en matière d’architecture ou de sculpture, comme le prouve le petit tabernacle exposé, très rare pièce encore existante, mais également le dessin, pratiqué il est vrai de façon marginale.

Pour les visiteurs qui comme moi ne sont pas spécialistes des abondantes peintures religieuses dans cette exposition qui regroupe au total pas moins de 80 œuvres, Greco - puis son atelier (dont son fils fera partie dès l’âge de 12 ans) - représentent les vestiges tardifs de la peinture de la Renaissance qui ont survécu du fait de l’éloignement de Tolède, alors que le milieu artistique italien a tourné la page vers la peinture baroque.  

Ma note : 15/20
IMG_5943.JPG

portrait de Sainte Veronique (photo perso)

Tabernacle du Christ ressuscité (photo perso)

IMG_5974.JPG

les annotations du Greco sur un ouvrage d'architecture (photo perso)

IMG_5961.JPG

La sainte Face 1579-1584 (photo perso)

L;Assomption de la Vierge (photo perso)