Acteurs

Penelope Cruz

Javier Bardem

Ricardo Darin

Eduard Fernandez

Barbara Lennie

Inma Cuesta

Synopsis

A l’occasion du mariage de sa sœur, Laura revient avec ses enfants dans son village natal au cœur d’un vignoble espagnol. Mais des évènements inattendus viennent bouleverser son séjour et font ressurgir un passé depuis trop longtemps enfoui.

Mon commentaire

Laura (Penelope Cruz) et ses enfants Irene et Diego ont quitté l’Argentine pour se rendre au mariage d’Ana, la sœur cadette de Laura, qui a lieu dans leur village natal en plein cœur du vignoble espagnol. Alejandro (Ricardo Darin) le mari de Laura a dû rester en Argentine pour son travail.

Le retour au pays est pour Laura l’occasion de retrouver toute sa famille proche et tous ses amis de longue date, parmi lesquels Paco (Javier Bardem), désormais marié à Bea (Barbara Lennie), tous deux à la tête d’une belle exploitation viticole.

La fête bat bientôt son plein et tous les convives sont ravis de se retrouver enfin, jusqu’à ce qu’une panne de courant intempestive puis l’orage en gâchent petit à petit l’esprit et que des évènements imprévus viennent bouleverser ce bonheur trop parfait. La vie de Laura va bientôt basculer, faisant ressortir des secrets enfouis depuis trop longtemps…

Avec « Everybody knows », Asghar Fahradi revient sur ses thèmes favoris : les liens familiaux et le passé, même si on est loin des univers géographiques de ses précédentes réalisations. De plus, à mesure qu’on découvre l’intrigue, par sa caméra très mouvante il nous rappelle un peu les films à l’ambiance « hitchcockienne ». La scène d’ouverture où l’on voit des oiseaux emprisonnés dans un clocher d’église dont le mécanisme égrène le temps est une très belle métaphore pour comprendre combien chaque minute compte dans la vie, que ce soit pour les périodes de joie comme pour celles d’angoisse... En réalité, le style du metteur en scène s’apparente davantage au style de Bergman, tant il excelle dans la peinture d’un microcosme, en l’occurrence celui d’un petit village espagnol typique. La façon dont le mariage d’Ana est filmé est juste parfaite et donne presque un peu le tournis. Mais surtout Fahradi est expert dans la manière dont les relations familiales et amicales sont dépeintes et cela révèle une nouvelle fois son esprit d’observation. Ici tout cela semble parfaitement naturel, les comédiens jouant leur rôle avec une grande authenticité.

C’est en découvrant petit à petit les rapports qu’entretiennent les membres de cette vieille famille espagnole et leurs petits arrangements au fil des décennies qu’on se pose de plus en plus de questions sur les origines du drame, sur les motivations et les suspects, le poids du passé  …Les rancœurs et les jalousies expliquent souvent de nombreux gestes, mais le suspense reste entier quasiment jusqu’à la fin du film, même si c’est bien plus tôt qu’on comprend ce que « tout le monde  sait » - d’où le titre du film !

Le réalisateur pousse son perfectionnisme de restitution d’ambiance passée dans son choix d’utiliser de préférence des tons ocres et sombres, voire grisés, un peu à la manière de photos jaunies…

Enfin, côté interprétation, rien à redire sur le choix de Penelope Cruz et de Javier Bardem dans les rôles principaux, dont la présence impressionnante et le naturel éclipsent celle de Ricardo Darin en léger manque de crédibilité…

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En résumé, un grand film à ne pas manquer, qui marque donc l’ouverture du 71ème festival de Cannes et qui participe à la compétition.

Ma note : 16/20