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Acteurs

Vincent Lindon

Mélanie Rover

Jacques Borderie

David Rey

Olivier Lemaire

Synopsis

Malgré de lourds sacrifices financiers de la part des salariés et un bénéfice record de leur entreprise, la direction de l’usine Perrin Industrie décide néanmoins la fermeture totale du site. Accord bafoué, promesses non respectées, les 1100 salariés, emmenés par leur porte‑parole Laurent Amédéo, refusent cette décision brutale et vont tout tenter pour sauver leur emploi.

Mon commentaire

Agen, de nos jours. L’usine Perrin Industrie, fournisseur du secteur automobile sous la direction de l’entreprise allemande Dinke, décide de la fermeture du site malgré les engagements pris vis-à-vis du personnel deux ans auparavant. L’accord est donc bafoué, les promesses de préservation des emplois non tenues, sans compter que les efforts et sacrifices concédés par les 1100 employés sont donc restés vains. Une seule solution : s’opposer coûte que coûte à la fermeture du site pour sauver la totalité des emplois. C’est sous la houlette du leader syndical aux couleurs de la CGT Laurent Amédéo (Vincent Lindon) que le combat pour sauver les emplois va être mené de bout en bout…

Stéphane Brizé est un habitué de la Croisette, sa dernière participation en 2015 avait même valu à son acteur fétiche Vincent Lindon un Prix d’interprétation masculine pour son rôle dans « la Loi du Marché ». On reste ici d’ailleurs un peu dans le même registre du malaise social.

« En guerre » est un film atypique, qu’on peut assimiler soit à une docu-fiction, soit simplement à un reportage authentique d’une véritable crise, filmé d’une part par les journalistes - des interviews télévisés émaillent le film - mais aussi par les protagonistes eux-mêmes, lorsqu’on voit à de multiples reprises des formes ou des têtes qui passent devant la caméra. C’est comme si tout était filmé dans le feu de l’action. En cela, le film est très réussi, d’autant qu’aux côtés de Vincent Lindon - Laurent Amédéo, la plupart des acteurs sont des non professionnels, d’où un naturel évident et efficace et des dialogues parfaitement au diapason. Les scènes d’occupation de l’usine et celles des échanges lors de rencontres avec la Direction ou les autorités gouvernementales sont parfaitement filmées : on a sincèrement l’impression de se trouver propulsé dans l’un des nouveaux conflits sociaux, au cours desquels la tension monte à mesure que la patience des uns s’émousse et que la tolérance des autres diminue… aboutissant forcément à l’éclatement de la violence, rythmée par une bande son d’une précision de métronome ajoutant au malaise.

Néanmoins, même si Stéphane Brizé a brillamment reconstitué la psychologie des groupes ( notamment l’évolution des comportements des composantes des grévistes), le sujet central qui met en opposition patronat et syndicat est traité de façon un peu manichéenne, et les portraits des dirigeants plutôt caricaturaux…Même si effectivement on ne peut approuver la brutalité du monde capitaliste, réduire les problèmes de fermetures de site à l’argent empoché par des « actionnaires avides » est à mon goût trop simpliste !

Par ailleurs, même si pour ce genre de drame social, il est difficile d’envisager un happy end, j’ai eu pour ma part des difficultés à adhérer à la fin de cette histoire. Un film intéressant néanmoins, mais clairement pas de tout repos.

Ma note : 14/20