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Acteurs 

Antonio de la Torre

Monica Lopez

Jose Maria Pou

Nacho Fresneda

Anna  Wagener

Barbara Lennie

Synopsis

Manuel López-Vidal est un homme politique influent dans sa région. Alors qu'il doit entrer à la direction nationale de son parti, il se retrouve impliqué dans une affaire de corruption qui menace un de ses amis les plus proches. Pris au piège, il plonge dans un engrenage infernal...

Mon commentaire

Rodrigo Sorogoyen est décidément un réalisateur intéressant. Après son précédent opus “Que Dios Nos Perdone” sorti en 2017, son nouveau film “El Reino » (signifiant à la fois le règne et le royaume, ce qui en dit long) a raflé la quasi totalité des Goya cette année en Espagne dont celui du meilleur réalisateur (Rodrigo Sorogoyen) et celui du meilleur acteur (Antonio de la Torre, vu récemment dans Companeros). Il s’agit pourtant d’un film sur les coulisses du pouvoir dans les années 90-2000 qui montre à quel point le pouvoir politique durant cette époque est totalement corrompu : malversations, détournements de fonds , fraudes en tout genre avec l’appui de nombreuses sociétés privées, évasion des capitaux détournés vers des paradis fiscaux ....Tout est bon pour une bande de politiciens qui a construit un empire bâti sur la prévarication pour pouvoir et garder la main sur le pouvoir qu’elle pensait éternel et amasser des richesses sur le dos des contribuables.

Tout va pour le mieux pour cette fine équipe qui ripaille et profite d’une vie luxueuse sans arrière pensée jusqu’au jour où arrive dans le gouvernement un « chevalier blanc » prêt à remettre de l’ordre dans ce royaume pour le moins ténébreux.

Manuel Lopez Vidal ( Antonio de la Torre) est un fringant Quadra , brillant, énergique et qui n’a pas froid aux yeux et doit à l’issue d’élections entrer à la direction du Parti ... Mais suite à une enquête de police, un des membres du groupe déballe tout au grand jour. Après la période de fête au quotidien s’amorce une période beaucoup plus sombre, durant laquelle chacun va tenter de sauver sa peau, qui à lâcher un à un les amis d’avant. C’est ce qui va arriver à Manuel, qui va devoir se battre contre tous pour essayer de sauver sa peau, en utilisant contre ses adversaires d’aujourd’hui les mêmes armes que ceux qui veulent le faire tomber.

Sorogoyen nous livre un thriller passionnant, au cours duquel la pression et le suspense montent progressivement, à mesure que la descente aux enfers de Manuel, nouveau bouc émissaire, s’accélère. Filmé de façon très dynamique, l’histoire n’est pas loin de faire penser à certaines scènes du cinéma d’Hitchcock (la scène de poursuite en voiture est juste géniale !). Seul contre tous , Lopez Vidal, dans une sorte de fuite en avant pour éviter d’être pris seul dans ce maelström, va tenter d’utiliser la voie des médias pour à son tour balancer tout et tous ceux qui se sont ligués contre lui. Pas facile néanmoins quand on a profité sans complexe de ces montages scandaleux pendant plus d’une dizaine d’années.

Si le sujet est passionnant, l’interprétation de première qualité et la mise en scène très dynamique, on peut cependant reprocher au film sa longueur et dans sa première partie certaines circonvolutions qui ont tendance à perdre le spectateur. Mais on appréciera par contre la musique lancinante mais minimaliste de la BO signée par Olivier Arson, un jeune Français installé en Espagne , qui nous livre une musique électronique très rythmée évoluant avec la psychologie et le stress montant de Manuel.

Bref, un film implacable à aller voir sans hésitation!

Ma note : 16/20