Vu en streaming sur Netflix

Acteurs 

Cagatay Ulucoy

Emir Ali Dogrul

Ersin Arici

Turgay Tanülkü

Selen Oztürk

Tomris Cetinel

Synopsis

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Dans les rues d'Istanbul, Mehmet, qui gère la déchetterie du quartier, prend un petit garçon sous son aile et doit bientôt affronter le traumatisme de sa propre enfance.

Mon commentaire

Istanbul, aujourd’hui. Le monde capitaliste et les belles voitures de luxe côtoient des Turcs aux conditions de vie beaucoup plus précaires. Preuve en est, celle de Mehmet (Cagatay Ulucoy)

), que l’on rencontre sous la pluie en train de collecter dans une grand chariot à bras tous les détritus emballages recyclables du quartier. Malgré un problème de santé qui l’affaiblit régulièrement, il est à la tête d’une petite entreprise qu’il fait fonctionner tant bien que mal, employant notamment les nécessiteux du quartier. Un jour, il prend sous son aile Ali (Emir Ali Dogrul), un petit garçon qu’il retrouve caché dans une des hottes rapportées par son frère…

Ce film a pour mérite d’abord de montrer la métropole d’Istanbul sous un jour un peu différent de ce qui est traditionnellement montré sur les dépliants touristiques : deux sociétés diamétralement littéralement opposées s’y côtoient, mais ce qui est intéressant aussi, c’est de voir à quel point la violence est tapie un peu partout, aussi bien entre bandes qui se déchirent sur les territoires de récupération des détritus, qu’au sein même des familles de ces chiffonniers qui vivent souvent dans une grande misère, violence qui souvent se répercute sur les enfants, parfois contraints de fuir leur foyer. Impensable de réaliser que de nos jours dans une ville touristique et cosmopolite comme Istanbul qu’il y ait tant d’enfants abandonnés et livrés à eux-mêmes pour tenter de survivre.

Cette jolie histoire de Mehmet et d’Ali est très attendrissante – même si le casting laisse un peu à désirer, notamment l’interprétation du jeune Ali dont le jeu est un peu réduit à un minimum syndical -, mais la fin est un peu surprenante, comme s’il fallait absolument trouver une issue à cette histoire, avec pour le coup un dénouement qui semble un peu tiré par les cheveux.

Il reste néanmoins un film intéressant, doté d’une bande originale de chansons turques qui dépayse réellement. Mais, de plus, le réalisateur Can Ulkay a choisi avec ce film de ne pas faire un film ayant uniquement pour objet la maltraitance des enfants en Turquie, mais un film dont le thème premier est la schizophrénie d’un homme plus que trentenaire encore traumatisé par les violences dont il a été victime durant son enfance.

Ma note :  14/20