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Acteurs 

Gérard Depardieu

Catherine Frot

Jean Pierre Darroussin

Yoann Zimmer

Félix Kysyl

Edouard Sulpice

Fleur Fitoussi

Ahmed Hammoud

Yannick Morzelle

Synopsis

Ils ont été appelés en Algérie au moment des "événements" en 1960. Deux ans plus tard, Bernard, Rabut, Février et d'autres sont rentrés en France. Ils se sont tus, ils ont vécu leurs vies. Mais parfois il suffit de presque rien, d'une journée d'anniversaire, d'un cadeau qui tient dans la poche, pour que quarante ans après, le passé fasse irruption dans la vie de ceux qui ont cru pouvoir le nier.

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Mon commentaire

‘Des hommes’, le nouveau film de Lucas Belvaux est l’adaptation du roman éponyme de Laurent Mauvignier (publié en 2009, mais que je n’ai pas lu). Néanmoins, j’ai eu envie d’aller voir ce film sur la guerre d’Algérie, présenté sous l’angle des jeunes conscrits qui ont été embrigadés pour aller combattre en 1960 de l’autre côté de la Méditerranée, souvent pendant plus de deux ans, afin de défendre l’intégrité territoriale et politique de ‘l’autre France’. De ce qu’il s’est passé là-bas, on n’a bien sûr les communications officielles du gouvernement d’alors, mais en fait peu de témoignages de ces jeunes qui sont rentrés en France en 1962. Ils n’ont souvent pas eu envie de raconter toute l’horreur de cette guerre qui en France n’était considérée que comme des ‘évènements’, même si rien ne peut s’oublier, même des décennies plus tard.

C’est ainsi que dans les années 2000, on retrouve Bernard -alias le soldat Feu de Bois- (Gérard Depardieu), un vieil homme solitaire, rongé par la haine de soi et des autres qui quitte sa campagne pour aller assister au banquet organisé à l’occasion de l’anniversaire de sa sœur Solange (Catherine Frot). Bernard n’y est clairement pas le bienvenu, son comportement violent et raciste insupporte les convives, mais même Rabut (Jean-Pierre Darroussin) son cousin et frère d’armes n’a pas le courage de lui tenir tête ni de s’opposer à ses propos racistes et violents…

Dans une mise en scène originale mais un peu mollassonne, Lucas Belvaux a choisi par le truchement de lettres envoyées par les soldats français envoyés d’Algérie vers les leurs - lues en voix-off un peu soporifiques - de reconstituer les éléments temporels et historiques de cette période. Émaillant son récit de flashbacks, il nous fait partager les périodes d’attente et d’anxiété des soldats, leurs attaques contre les indépendantistes, mais aussi leur comportement souvent inhumain vis-à-vis des autochtones…Difficile à ce stade de condamner les pratiques des Nazis vis-à-vis des civils lors de seconde guerre mondiale : les viols, les pogroms, les incendies et les tueries perpétrées en Algérie ne sont guère différents de ce qui a été fait 20 ans plus tôt.

Si cette réflexion sur les faits et attitudes des soldats est intéressante et qu’on assiste à des tranches de vie des soldats français, on remarque qu’il n’y a bizarrement dans le film aucune trace de réel combat avec les indépendantistes Algériens, ce qui parait un peu étrange.

De même, on reste un peu sur sa faim en matière d’explication comportementale des personnages : pourquoi ce racisme exacerbé de Feu de Bois, prêt 50 ans plus tard tenter de violer sa voisine maghrébine ? Pourquoi dans ce village où il est haï, personne n’ose s’opposer à lui ?

Que dire en final de l’interprétation du trio d’acteurs qui se retrouve en tête d’affiche ? En fait, pas grand-chose, car on a déjà vu Depardieu jouer dans l’outrance, Catherine Frot incarner une femme de province effacée et un peu coincée et Jean Pierre Darroussin celui d’un homme serviable à la discrétion presque maladive…Tout cela est un peu léger pour que le film soit considéré comme une œuvre incontournable sur un sujet pourtant ô combien riche et complexe.

Ah j’oubliais : un coup de chapeau en forme de clin d’œil à Yannick Morzelle, un de mes cousins, dans le rôle du très antipathique Kastendeuch !

Ma note :  12/20