Show More

Acteurs 

Vincent Lindon

Stacy Martin

Valeria Golino

Julia Roy

Synopsis

Au XVIIIe siècle, Casanova, connu pour son goût du plaisir et du jeu, arrive à Londres après avoir dû s’exiler. Dans cette ville dont il ignore tout, il rencontre à plusieurs reprises une jeune courtisane, la Charpillon, qui l’attire au point d’en oublier les autres femmes. Casanova est prêt à tout pour arriver à ses fins mais La Charpillon se dérobe toujours sous les prétextes les plus divers. Elle lui lance un défi, elle veut qu’il l’aime autant qu’il la désire.

Mon commentaire

Casanova est un personnage mythique qui a inspiré bien des metteurs en scène. Il était normal que Benoit Jacquot, réalisateur passionné par les relations humaines, se soit penché sur le sujet, en se concentrant néanmoins sur une étape de la vie du célèbre séducteur Casanova (Vincent Lindon), celle située au moment de son exil à Londres, lorsqu’il commence à rédiger ses mémoires. C’est à ce moment-là qu’on le rencontre, alors qu’il se confie à une jeune femme…

Le film est d’ailleurs constitué d’allers-retours peu inspirés entre cette confession remplie d’amertume et de tristesse et le temps béni de la légèreté, durant lequel Casanova (trente ans plus tôt !) va connaître un amour libertin auprès d’une multitude de femmes, apparemment aussi vite séduites qu’oubliées, parmi lesquelles se distingue néanmoins Marianne de Charpillon (Stacy Martin) jeune prostituée de charme. Mais cette fois, la conquête habituelle menée par le séducteur va se heurter à plus fort que lui ; car c’est elle, la belle jeune femme, qui va définir les règles du jeu de la séduction et ainsi dompter l’insatiable Casanova. Au point que cette fois, son amour pour la belle Marianne sera à la fois d’une puissance infinie mais inassouvie, entraînant dans la vie riche du libertin l’arrivée d’une ambiance totalement crépusculaire.

Si l’on ne peut qu’apprécier la qualité de la réalisation de « Dernier amour », notamment la beauté de la photo, aussi bien dans la reconstitution historique que dans les costumes, on est toutefois un peu surpris par le choix de Vincent Lindon pour incarner Casanova : ce n’est certes pas son talent qui est mis en cause, car il possède l’art de jouer le libertin, mais l’acteur parait définitivement trop âgé pour incarner le séducteur trentenaire auquel nulle femme ne s’est jamais refusée. Certes, l’homme blessé qu’il joue paraît bien plus intéressant que le séducteur qui aligne les conquêtes…Même si son personnage tout en nuances, à la légèreté apparente mais au cœur sensible, on a du mal à croire qu’il soit le tombeur à la réputation mondialement reconnue. Face à lui, la jeunesse, la beauté mais aussi la détermination de la Charpillon sont éclatantes et Stacy Martin se révèle très convaincante. En revanche, on regrette la présence d’un trop grand nombre de scènes bavardes filmées avec beaucoup trop d’académisme, au point d’en devenir vite lassantes, voire soporifiques. On a connu Benoît Jacquot plus inspiré dans ce genre de film historique, comme dans les « Adieux à la Reine » (en 2011).

Ma note : 11/20