Show More

Résumé

Premier roman très remarqué en Italie, dans la lignée de Silvia Avallone, ce récit initiatique est illuminé par la présence de Rosario, 15 ans, et par la ville de Palerme, aussi dévastée qu'hypnotique. Dans cet âge entre deux vies, le jeune homme découvre l'amour, le football, son don pour la poésie, et les mensonges de son père. Un texte à la beauté sauvage, qui décrit un inoubliable lien mère-fils.

Mon Commentaire

L’âge de l’adolescence est toujours une période de vie délicate, quel que soit le sexe de l’enfant. Après « la vraie vie » d’Adeline Dieudonné, ce premier roman de Dario Levantino « De rien ni de personne » raconte cette période clé pour Rosario, un jeune garçon de quinze ans habitant à Brancaccio, un quartier pauvre de Palerme. Rosario est à la fois passionné par la mythologie et lecteur assidu, jusqu’au jour où pour faire plaisir à sa mère et en souvenir de ce grand père qu’il n’a pas connu, il se décide à jouer au football, pour le club du coin, en tant que gardien de but. Résultat : un véritable engouement, une ivresse incomparable, qui l’amèneront à la rencontre de la douce mais timide Anna, fervente spectatrice et premier amour, mais provoqueront inévitablement jalousie et violence au sein des clans de jeunes des quartiers environnants. Mais la pratique du football sera également l’élément déclencheur de découvertes surprenantes et le début de nombreuses désillusions au niveau familial...

Dario Levantino est enseignant, et son premier roman est forcément inspiré par les rencontres qu’il a faites lors de son expérience professionnelle, à moins qu’il n’y ait en plus une part d’autobiographie ? Ce court roman d'à peine 150 pages se lit quasiment d’une seule traite... Il a le mérite d’analyser avec brio le passage de Rosario de l’enfance au stade adulte, de porter un œil critique sur la famille ainsi que sur la société et les criantes inégalités qui règnent à Palerme. 

Certes, le livre n’est pas exempt de défauts notamment dans sa construction temporelle un peu floue, dans le manque de précisions qui permettraient de mieux comprendre l’engouement de cette mère pour son père footballeur.

Si Rosario découvre les mensonges de son père ainsi que les petits trafics qu'il pratique sans vergogne le livre manque en revanche cruellement d’explications sur la psychologie de ce père, insaisissable et encore une fois visiblement violent vis à vis de sa femme...Il semble que l'auteur ait choisi en effet de se concentrer d'abord sur les relations extrêmement proches de ce fils et de sa mère, au détriment de celles que Rosario partage avec ce père peu présent.

Autre petit bémol : si l'expression "Iu un mi scantu di nenti e di nuddu" « je n'ai peur de rien ni de personne » est claire et sert de mantra à Rosario, l’usage ensuite d’expressions en dialecte palermitain qui ne sont pas traduites en français laisse le lecteur sur sa faim, dans la mesure où la particularité de l’identité sicilienne lui échappe en partie.

Au total, un premier ouvrage certes pas désagréable mais qui manque un peu de profondeur et de rythme.

Ma note : 13/20

Photo JDD