Acteurs 

Haru Kuroki

Kiki Kirin

Mikake Tabe

Mayu Harada

Saya Kawamura

Synopsis

 

Noriko et Michiko viennent de terminer leurs études. En attendant de savoir à quoi consacrer leur vie, elles sont poussées par leurs parents vers l’art ancestral de la cérémonie du thé. Dans une petite maison traditionnelle de Yokohama, Noriko, d’abord réticente, se laisse peu à peu guider par les gestes de Madame Takeda, son exigeante professeure. Elle découvre à travers ce rituel la saveur de l’instant présent, et prend conscience du temps précieux qui s’écoule au rythme des saisons... Michiko, quant à elle, a décidé suivre un tout autre chemin.

Mon commentaire

Dans le cadre du Festival Hanabi qui se tient durant le mois de juin, a eu lieu en avant-première la projection du film de Tatsushi Omori, intitulé en anglais de façon plus appropriée ‘EveryDay a Good Day’, correspondant à la traduction littérale des caractères chinois sur un kakemono suspendu dans la maison de thé.

On y découvre l’histoire de Noriko (Haru Kuroki) et de son amie Michiko (Mikake Tabe), deux jolies jeunes filles fraîchement diplômées universitaires en 1993, mais qui ne savent pas trop comment organiser leur avenir professionnel. Sous l’influence de ses parents, Noriko accepte finalement de débuter une fois par semaine l’apprentissage de la cérémonie du thé, rituel japonais par excellence, sur les conseils avisés de Madame Takeda (Kirin Kiki), Maîtresse en la matière depuis de longues années. D’abord maladroite dans leurs gestes mais néanmoins impressionnée par l’atmosphère pleine de sérénité qui règne et très respectueuses des traditions ancestrales, Noriko va petit à petit s’attacher à les comprendre et les respecter au fil des saisons. De son côté, Michiko se lassera vite et partira vers d’autres horizons.

Ce qui est remarquable dans ce film, c’est la façon dont les cérémonies se déroulent en fonction des fêtes, des changements de saisons. A mesure que le temps change et que les années passent, les nouvelles élèves se succèdent pour apprendre le rituel afin de devenir à leur tour au bout de nombreuses années et au prix d’une discipline stricte sous l’œil attentif mais bienveillant de Madame Takeda de véritables maîtresses en la matière …

Les amateurs de civilisation japonaise seront ravis par la qualité des photographies de ces femmes habillées de magnifiques kimonos traditionnels multicolores souvent brodés, mais aussi des vues de la nature au gré des saisons, sous le soleil, sous la pluie d’été ou, sous les premiers frimas ou la neige. D’autant qu’à l’intérieur de la maison de Madame Takeda, si le rituel persiste de saison en saison, si les ustensiles pour la préparation restent inchangés, les bols utilisés, issus de réalisations artisanales, diffèrent, ainsi que les petits gâteaux somptueux et savoureux, préparés avec délicatesse par Madame Takeda.

Cette cérémonie du thé à laquelle on s’astreint, c’est une façon originale de considérer que chaque jour vaut d’être vécu, sans prévaloir de ce qui peut arriver le lendemain. Noriko en fait l’apprentissage auprès de sa Maîtresse, qui lui ouvre les yeux sur l’importance du quotidien et des personnes chères qui sont présentes et dont on sait que leur vie sur terre est éphémère. En plus de la beauté des images, on assiste à une belle réflexion sur l’échelle des valeurs dans une vie, mais aussi sur la nécessité d’adopter une belle sérénité par rapport aux évènements extérieurs.

Ce film charmant et esthétique donne également l’ultime occasion de retrouver la célèbre actrice japonaise Kirin Kiki disparue en fin d’année 2018, vue sur les écrans en France dans « les Délices de Tokyo » (2015), « Après la tempête » (2016), ou encore « Une histoire de famille » (2018).

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Ma note : 15/20
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Photo wikipedia