Résumé

Ce petit manifeste, écrit sur un coup de sang par l'auteur de Petite Poucette en colère contre tous les Grands Papas Ronchons qui empêchent de regarder devant nous avec espoir, a été tout d'abord offert à tout acheteur de deux livres de poche de Michel Serres. Devant l'enthousiasme qu'il a suscité et les nombreuses demandes qui nous sont parvenues, nous avons décidé de le publier sous forme d'un tout petit livre: " Dix Grands Papas Ronchons" ne cessent de dire à Petite Poucette, chômeuse ou stagiaire qui paiera longtemps pour ces retraités : " C'était mieux avant ". 

Or, cela tombe bien, avant, justement, j'y étais. Je peux dresser un bilan d'expert. Qui commence ainsi: avant, nous gouvernaient Franco, Hitler, Mussolini, Staline, Mao... rien que des braves gens; avant, guerres et crimes d'état laissèrent derrière eux des dizaines de millions de morts. Longue, la suite de ces réjouissances vous édifiera.

Mon commentaire

On connaît bien Michel Serres, philosophe et écrivain réputé, membre de l’Académie française. Il vient à 87 ans de publier un petit manifeste qui se lit d’une traite en à peine une heure intitulé « C’était mieux avant ! », dans lequel Petite Poussette, une jeune femme au chômage, se trouve confrontée à une dizaine de vieux grands pères râleurs qui ne cessent de regretter le ‘bon vieux temps’.

Et Michel Serres de passer en revue - plutôt à la va-vite - dans ce document tous les secteurs possibles et imaginables, en comparant la vie avant et la vie d’aujourd’hui. Tout y passe : l’hygiène, l’éducation, le chauffage , le confort ménager, les dictatures, les guerres, les voyages, les modes de transports, les voies de communication, l’alimentation…  Malgré tout le talent qu’on lui connaît, les comparaisons ‘avant-après’ ne sont pas forcément très creusées, ni étayées même si beaucoup d’entre elles tombent sous le sens. Il y a certes dans les 5 dernières pages quelques questionnements sur la civilisation actuelle, bien vite balayés tant effectivement on vit mieux et plus vieux aujourd’hui qu’il y a cent ans, c’est clair ! Mais c’est oublier un peu vite les travers d’une société qui ne parvient globalement qu’à creuser les inégalités  entre les plus forts (souvent les plus riches) et les plus démunis. Sans compter que tout progrès insuffisamment encadré peut engendrer des répercussions extrêmement néfastes pour l’humanité. Le XXIème siècle se doit d’être encore « bien mieux qu’avant », mais pour cela il est nécessaire qu’une certaine discipline et un bon sens dénué de tout intérêt économique prennent le pas sur tous les projets géants de surexploitation de la planète.

Un livre coup de gueule de l’auteur nettement trop simpliste voire caricatural, surtout lorsqu’on réalise à quel point les dangers de toutes sortes menacent aujourd’hui la planète, dangers visibles ne serait ce que par les conséquences du réchauffement climatique en cours. A lire seulement si vous avez une heure où vous ne savez pas quoi faire d’autre.

Ma note : 12/20