Acteurs

Navid Mohammadzadeh

Amir Aghaei

Zakieh Behbahani

Alireza Ostadi

Synopsis

Un soir, seul au volant, le docteur Nariman tente d’éviter un chauffard et renverse une famille en scooter. Il les dédommage pour les dégâts matériels et insiste pour qu’Amir, leur enfant de 8 ans légèrement blessé, soit conduit à l’hôpital. Deux jours plus tard, à l’institut médico-légal où il travaille, Nariman s’étonne de revoir la famille, venue veiller le corps sans vie d’Amir. Le rapport d’autopsie conclut à une intoxication alimentaire. Mais Nariman a du mal à accepter cette version officielle qui pourtant l’innocente.

Mon commentaire

Pour les spectateurs français, encore une découverte côté cinéma iranien : le réalisateur Vahid Jalilvand, né en 1976 à Téhéran, qui a débuté comme acteur puis a réalisé de nombreux téléfilms pour la télévision iranienne avant de passer derrière la caméra pour le cinéma. Il nous propose ici son second long métrage « Cas de conscience », qui a été doublement récompensé lors de la 74ème Mostra de Venise en se voyant décerner dans la catégorie des Orrizonti Awards, le Prix du meilleur metteur en scène étranger ainsi que celui de la meilleure interprétation masculine pour le personnage central de l’histoire, le père d’Amir, incarné par le comédien Navid Mohammadzadeh.

Une histoire qui débute par des circonstances banales : un coup de volant fortuit du Docteur Nariman (Amir Aghaei) pour éviter un chauffard entraîne la chute d’un motocycliste, de sa femme et des deux enfants. Les dégâts ont simplement l’air d’être matériels, mais le petit Amir est toutefois blessé au bras et semble un peu sonné. Par sécurité, le Docteur Nariman est prêt à aider Moosa, le conducteur et sa famille et veut absolument les emmener pour un contrôle à l’hôpital tout proche. En revanche, il souhaite éviter l’intervention de la police craignant la lourdeur des procédures. Remis en selle, la famille repart suivie par le Docteur Nariman, mais Moosa s’éclipse sans s’arrêter à l’hôpital…

Le destin va faire que Nariman et Moosa vont se croiser de nouveau très rapidement, le petit Amir ayant été déclaré mort dans la nuit suivant l’accident, apparemment victime d’une intoxication alimentaire. Une autopsie est pratiquée par l’épouse du Docteur Nariman, elle-même médecin depuis plus de 10 ans, confirmant le diagnostic…

L’histoire en fait tourne autour de la sensation de culpabilité : celle de Moosa, qui va essayer de comprendre comment s’est intoxiqué son fils, ce qui  a provoqué sa mort ; il est prêt  à tout pour le venger. Mais il y a aussi celle du Docteur Nariman, qui aurait dû insister plus fermement pour accompagner les victimes de son accrochage à l’hôpital et peut être éviter un drame ? Le film aboutit à une histoire malheureusement un peu répétitive dont on ne peut connaître à l’avance l’issue ultime. En tout cas, quel que soit le réel coupable puisque d’une manière come une autre, la mort d’Amir résulte d’un homicide involontaire, l’enchaînement des évènements conduit au bouleversement de l’existence de plusieurs familles qui ne pourront pas en sortir indemnes.

La morale de cette histoire : mieux vaut toujours privilégier d’aller au bout de ses convictions et les assumer entièrement, mais aussi de rester dans la légalité sans en craindre les conséquences aussi douloureuses soient elles.

Un film à découvrir qui vaut plus pour la qualité de son interprétation (les interprètes féminines sont excellentes aussi)  que pour l’histoire elle-même qui n’apporte pas beaucoup d’éclairages nouveaux sur l’organisation de la société iranienne du XXIème siècle.

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Ma note : 14/20