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Acteurs 

Pamela Mendoza

Tommy Párraga

Lucio.A. Rojas

Maykol Hernández

Synopsis

Pérou, au plus fort de la crise politique des années 1980. Georgina attend son premier enfant. Sans ressources, elle répond à l’annonce d’une clinique qui propose des soins gratuits aux femmes enceintes. Mais après l’accouchement, on refuse de lui dire où est son bébé. Déterminée à retrouver sa fille, elle sollicite l’aide du journaliste Pedro Campos qui accepte de mener l’enquête. 

Mon commentaire

Pérou, 1988. Alors qu’en Europe l’empire soviétique socialiste est sur le point de s’effondrer, de l’autre côté de la planète l’esprit communiste et maoïste est bien vivant, incarné ici par l’organisation terroriste du « Sentier Lumineux ». Les années 80 représentent une période de crise grave au Pérou, la dictature en place résistant par la force à ce mouvement composé essentiellement de membres émanant de la campagne. Alors qu’aux informations on ne parle que de l’explosion de l’inflation, le creusement des inégalités est exacerbé, rendant encore plus pauvres et dépendants les populations agricoles qui vivent dans la montagne, avec comme corollaire l'instauration un couvre-feu pour éviter toute forme de contestation et de manifestation.

Mais la misère n'est pas l'unique préoccupation des Péruviens. Ainsi, certaines jeunes femmes démunies, comme Georgina (Pamela Mendoza), 20 ans, enceinte, doivent avoir recours aux soins gratuits d'un clinique pour accoucher, répondant à une annonce passée à la radio. Mais après l'accouchement, personne n'est en mesure de lui dire où est sa fille, pas même la police qui semble se désintéresser de sa plainte. Georgina se résigne en désespoir de cause à faire appel à Pedro Campos, un journaliste de "la República", qui prend en charge l'enquête...

La première surprise de ce film, c'est le noir et blanc le format restreint 1.85 choisis par la réalisatrice Melina Léon, ce qui fait que d'emblée “Canción sin nombre” impose un climat oppressant pour bien insister sur l’ambiance qui régnait dans le pays. On comprend vite qu'en dehors du climat de tension entre les militaires et les membres du "Sentier Lumineux", l'appareil politique et la police sont gangrénés par des trafics de différents genres, dont notamment celui du trafic de bébés dérobés aux mères venues accoucher et vendus à l'adoption à l'étranger. On apprend d'ailleurs que le père de la réalisatrice lui-même lorsqu'il était reporter avait contribué à démanteler le réseau.

On ressent beaucoup d'authenticité dans ce film, notamment dans les scènes en relation avec la culture. Et puis on aurait pu penser que le sujet se suffisait à lui-même pour créer un thriller : il n'en est rien, la réalisatrice ayant visiblement choisi de traiter son sujet sur un mode esthétique, en adoptant des compositions graphiques avec un style dont l'épure frise parfois l'abstraction.

Toutefois, cette recherche de jeu de contraste et de lumière finit par nuire au rythme du film, d'autant qu'il est souvent larmoyant, compte tenu de la gravité du sujet. Et puis d'autres sujets comme la condamnation de l'homosexualité sont juste ébauchés, et on se demande finalement dans quel but ...

Un premier film inspiré de faits réels qui sort de l'ordinaire, mais qui laisse un peu sur sa faim.

Ma note :  14/20