Acteurs 

Edward Norton

Bruce Willis

Gugu Mbatha-raw

Alec Baldwin

Willem Dafoe

Ethan Slupee

Cherry Jones

Bobby Cannavale

Synopsis

New York dans les années 1950. Lionel Essrog, détective privé souffrant du syndrome de Gilles de la Tourette, enquête sur le meurtre de son mentor et unique ami Frank Minna. Grâce aux rares indices en sa possession et à son esprit obsessionnel, il découvre des secrets dont la révélation pourrait avoir des conséquences sur la ville de New York… Des clubs de jazz de Harlem aux taudis de Brooklyn, jusqu'aux quartiers chics de Manhattan, Lionel devra affronter l'homme le plus redoutable de la ville pour sauver l'honneur de son ami disparu. Et peut-être aussi la femme qui lui assurera son salut…

Mon commentaire

Pour son second passage derrière la caméra, après « Anna » (2000), le comédien réalisateur adapte à l’écran le livre « Les Orphelins de Brooklyn » de Jonathan Lethem, mais avec le souhait de transposer l’histoire dans le New York des années 50 le roman se déroulant quant à lui à la fin du XXème siècle.

On associe très souvent New York à une ville libérale, détenant une indépendance d’esprit et cité ouverte sur le monde, au contraire d’un bon nombre d’autres grandes métropoles américaines de la côte Est. Mais en 1950, il n’en est rien : le racisme est omniprésent, les droits des minorités sont souvent bafoués. Edward Norton raconte ici l’histoire de Lionel Essrog (qu’il incarne lui-même) un détective privé atteint du syndrome de Gilles de la Tourette qui enquête sur l’assassinat de son mentor Frank Minna (Bruce Willis) dans d’étranges circonstances. A force d’abnégation et de curiosité, il va découvrir l’existence d’un énorme trafic immobilier qui, sous couvert d’améliorer l’habitat de la ville en éliminant les bâtiments délabrés, se charge en fait d’éloigner de force toute la population noire américaine sans autre forme de procès. L’exode qui s’ensuit n’indigne personne hormis les victimes de ces expropriations, voire suscite même l’approbation des familles blanches qui voient se multiplier les parcs et lieux de convivialité dans les nouveaux projets d’urbanisme.

Pour arriver à ses fins, Lionel et ses coéquipiers vont devoir affronter de grands obstacles, du côté des mouvements politiques liés à l’élection du nouveau maire et de ses équipes, dont Moses Randolph (Alec Baldwin), éminent mais redoutable personnage en charge de l’évolution de l’urbanisme, comme du côté des organismes noir africains peu enclins à faire confiance à quiconque.

Lionel devra fréquenter les taudis de Brooklyn comme les clubs de jazz de Harlem ou les lieux huppés de Manhattan pour mener son enquête.

Si le film -qui dure presque 2h30 - est réussi, c’est sans aucun doute lié aux multiples facettes du talent d’Edward Norton, particulièrement bluffant dans ce rôle de malade génial souffrant d’une multitude de tics, accompagnés le plus souvent par des interjections incompréhensibles ou de suites de mots graveleux, qui s’avèrent souvent drôles et détendent un peu une atmosphère extrêmement tendue. Et puis bien sûr, il y a la qualité de la reconstitution de l’atmosphère des années 50, la bande originale jazzy qui passe du soft au be-bop est juste parfaite pour maintenir l’ambiance, venant en complément de la qualité esthétique des vues de New York qu’on dirait inspirées d’Edward Hopper. Du grand art, merci Monsieur Norton !

Ma note :  17/20