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Acteurs 

Nicole Kidman

Lucas Hedges

Joel Edgerton

Russell Crowe

Flea

Joe Alwyn

Xavier Dolan

Synopsis

L’histoire vraie du coming out de Jared Eamons, le fils d’un pasteur baptiste dans une petite commune rurale des États-Unis où son orientation sexuelle est brutalement dévoilée à ses parents à l’âge de 19 ans. Craignant le rejet de sa famille, de ses amis et de sa communauté religieuse, Jared est poussé à entreprendre une thérapie de conversion (aussi appelée thérapie réparatrice ou thérapie de réorientation sexuelle). Il y entre en conflit avec le thérapeute principal, découvrant et revendiquant progressivement sa réelle identité.

Mon commentaire

Encore un film « warning » qui traite de l’homosexualité chez les jeunes ados aux Usa, de nos jours. Le film est inspiré de la vie et de l’expérience réelle de Garrard Conley et retranscrites dans ses mémoires (publiées en 2016). Il a été confié par des parents puritains aux bons soins d’une institution religieuse qui a pour mission de chasser le démon des jeunes qui sont en plein doute sur leur sexualité
Ici, nous faisons la connaissance de Jared Eamons (Lucas Hedges), le fils de Marshall, un pasteur baptiste (Russell Crowe, méconnaissable) et de Nancy (Nicole Kidman), qui vivent dans un petit village de l’Arkansas. Affolés par la découverte de l’orientation sexuelle de leur fils, qui pourrait être un drame et engendrer un rejet de la communauté religieuse et de leurs amis, les parents de Jared décident lui faire entreprendre une thérapie de conversion dans un établissement spécialisé. Le thérapeute principal le « Professeur » Victor Sykes (Joël Edgerton, des 2 côtés de la caméra) aura pour mission de le faire évoluer dans le « bon »sens, indiquant implicitement que Dieu ne pourra l’accepter parmi les siens que s’il renie tous ses penchants, quitte à perdre sa réelle identité.
Le film pâtit malheureusement d’une mise en scène un peu trop conventionnelle et d’une incursion de flashbacks pas très heureuse, donnant une impression alambiquée à une situation simplement évidente et insupportable . Cela alourdit inutilement la thématique centrale du film, l’incroyable nouvelle de l’existence encore de nos jours aux USA de 36 établissements en charge de thérapie de conversion, qui ont encore plusieurs centaines de milliers de patients à leur actif. Et il existe beaucoup d’autres établissements du même style à travers le monde.
Depuis leur arrivée dans le centre, tous les patients sont coupés du monde et leur attention doit uniquement se focaliser sur l’amour de Dieu, qui ne peut être accessible qu’au prix de la reconnaissance de tous ses péchés et d’un renoncement à ses attaches et sensibilités les plus profondes. Dans ces centres, où bien tu te repentis, ou bien on te pousse dans tes retranchements, avec à la clé des sévices psychologiques voire corporels. Inutile de dire que de ce côté, les « pensionnaires » qui ressortent de la thérapie sont souvent en état de choc. Mais même pour pouvoir en sortir vivants, ils doivent souvent feindre de se repentir pour ne pas être maltraités…
Côté interprétation, on est porté par le jeu de Lucas Hedges, qui semble accumuler les rôles d’adolescents ou de jeunes adultes en difficulté ; ici il est de nouveau parfait de retenue introspective, alors qu’il réalise qu’il est un jeune tout ce qu’il y a de plus normal. Nicole Kidman est plutôt crédible dans ce rôle d’épouse qui semble à la base totalement évanescente et soumise aux décisions malsaines de son pasteur de mari, Russel Crowe surprenant dans ce rôle de père puritain méprisable par son embrigadement religieux, qui n’est pas moins à blâmer que le Professeur Hykes, capable d’apporter des angoisses au plus fort et au plus équilibré des jeunes en thérapie. On croise également Xavier Dolan dans le rôle d’un des jeunes en thérapie dans un rôle fait pour lui…Un film glaçant au total !

Ma note : 14/20