Acteurs 

Andra Day

Trevante Rhodes

Garrett Hedlund

Leslie Jordan

Miss Lawrence

Adriane Lenox

Natasha Lyonne

Rob Morgan (IV)

Synopsis

Billie Holiday est sans conteste l’une des plus fascinantes icônes du jazz, mais derrière sa voix légendaire, se cache une femme dont le combat acharné pour la justice a fait d’elle la cible du plus puissant des pouvoirs…
En 1939, Billie Holiday est déjà une vedette du jazz new-yorkais quand elle entonne « Strange Fruit », un vibrant réquisitoire contre le racisme qui se démarque de son répertoire habituel. La chanson déchaîne aussitôt la controverse, et le gouvernement lui intime de cesser de la chanter. Billie refuse. Elle devient dès lors une cible à abattre.
Billie Holiday a tout fait pour atténuer ses souffrances et oublier son enfance difficile, ses choix malheureux en matière d’hommes, et la difficulté de vivre en étant une femme de couleur en Amérique. La drogue fut l’une de ses échappatoires. Le gouvernement va retourner cette faiblesse contre elle et utiliser sa dépendance aux stupéfiants pour la faire tomber. Prêt à tout, Harry Anslinger, le chef du Bureau Fédéral des Narcotiques, charge Jimmy Fletcher, un agent de couleur, d’infiltrer les cercles dans lesquels évolue la chanteuse. Mais leur plan va rencontrer un obstacle majeur : Jimmy tombe amoureux de Billie…

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Mon commentaire

Billie Holiday (magnifiquement incarnée ici par Andra Day, pour son premier rôle, ce qui lui vaut une nomination aux Oscars) fait sans aucun doute partie des plus grandes icônes du jazz des années 40, sa voix et son talent étant facilement reconnaissables tant ses succès ont traversé les continents et les décennies. Ce que la plupart d’entre nous ignore en revanche, c’est l’engagement permanent de la chanteuse pour la cause des Noirs dans la société américaine raciste de cette époque…Pour preuve, ainsi qu’évoqué au début de ce film, la loi sur l’interdiction de lyncher les Noirs, proposée dès 1937 au Sénat qui n’a jamais été votée et qui restait encore entre les mains du dit Sénat en 2020 !

C’est par sa voix et l’interprétation lors de ses concerts d’une chanson ô combien symbolique, ‘Strange fruit’, enregistrée en 1939, que l’intrépide Billie Holiday, habituée jusqu’alors à l’interprétation de chansons d’amour, a prouvé son tempérament engagé en défendant la population noire au péril de son existence. Billie devient bientôt l’égérie de tout un peuple qui refuse cette ségrégation qui s’éternise…  De fait, cette chanson est jugée provocatrice et incitative à la rébellion par le FBI, qui travaille sans relâche pour défendre les positions du Gouvernement américain. Dès lors, les Fédéraux et particulièrement son chef Harry Anslinger (Garrett Handlund) n’auront de cesse d’empêcher par tous les moyens possibles Billie Holiday d’interpréter ce titre fétiche, et plus globalement de l’éloigner aussi longtemps que possible la chanteuse de la scène. Parmi les personnes qui ont la chanteuse à l’œil, il y a Jimmy Fletcher (Trevante Rhodes), un jeune soldat Noir qui vient de rejoindre le FBI et va se charger de suivre Billie Holiday, avant de comprendre combien son message est un cri d’alarme et de tomber fou amoureux d’elle…

Billie Holiday – une affaire d’état n’est pas à proprement parler un nouveau biopic de la chanteuse. Le metteur en scène Lee Daniels a choisi en revanche de s’intéresser donc à une période particulière de la vie de la chanteuse, période pendant laquelle elle enchaînera les concerts, mais qui se dérouleront sous l’œil omniprésent de représentants du FBI présents de façon plus ou moins officielle dans le public. A défaut de pouvoir empêcher Billie Holiday de chanter, l’idée d’Anslinger (personnage redoutable déjà à l’origine des lois sur la prohibition) est de prouver que Billie Holiday se drogue en permanence -elle est certes et qu’elle fait usage d’opium et de cocaïne ; il suffira par conséquent pour l’éloigner à jamais de la scène de prouver qu’elle en détient toujours sur elle et la forcer à divulguer le nom de ses fournisseurs. C’est donc entre Miss Day et le FBI comme un jeu éternel jeu du chat et de la souris, avec à la clé des peines de prison et des arrestations intempestives. Lee Daniels filme cette période avec une certaine originalité et une mise en scène recherchée, basculant avec un talent certain entre les images romancées du film et les authentiques photos ou concerts de la chanteuse enregistrés à l’époque.

Alors certes, le film est un peu long, et la démonstration parfois un peu lourde, mais pour ma part il m’a permis d’en apprendre davantage sur la véritable personnalité de ce monument du jazz. Ajoutez une bande originale enthousiasmante et l’interprétation bluffante d’Andra Day (qui a reçu tout de même un Golden Globe en janvier dernier), ‘the United States vs Billie Holiday’ pour son titre original est un film qu’on ne peut manquer.

Ma note :  16/20