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Acteurs :

Sônia Braga

Udo Kier

Barbara Colen

Thomas Aquino

Silvero Perira

Thardelly Lima

Synopsis

Dans un futur proche…  Le village de Bacurau dans le sertão brésilien fait le deuil de sa matriarche Carmelita qui s’est éteinte à 94 ans. Quelques jours plus tard, les habitants remarquent que Bacurau a disparu de la carte. 

Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement

Mon commentaire

« Bacurau » est un film difficilement classable : s’agit-il d’un western, d’un thriller, d’un film futuriste ou ethnique ? C’est en fait un peu de tout cela, mais c’est d’abord un film où prédomine une violence terrible, donc premier conseil, âmes sensibles, s’abstenir.

L’idée de départ est originale mais somme toute très contemporaine, même s’il est annoncé que le film se déroule dans un futur proche : un problème d’irrigation de terres agricoles au Sertão (ouest du Pernambouc), un état reculé du Brésil, la rivière censée arroser les plantations ayant été détournée par un politicien local véreux qui se heurte à la haine de la population du village de Bacurau. Teresa (Barbara Colen) y revient d’ailleurs avec le livreur d’eau potable à l’occasion des funérailles de sa grand-mère Carmelita, doyenne du village. Venant de l’extérieur, elle pratique un trafic de médicaments pour aider les habitants à survivre, la petite société étant organisée autour de Plinio (Wilson Rabelo), le sage chef du village, comme de Domingas (Sônia Braga), la femme médecin qui est autant respectée qu’Isa , la prostituée ou Acacio (Thomas Aquino), un habitué de la gâchette au flair infaillible…Alors que le préfet Tony Jr vient régulièrement tenter de convaincre les habitants de voter pour lui lors des prochaines élections, parallèlement, des meurtres sanglants débutent, tuant aveuglément les habitants environnants et créant une psychose générale…D’autant qu’une mystérieuse soucoupe volante a été remarquée par Plinio lors d’un de ses déplacements, que le village n’apparait désormais plus sur aucune carte géographique, et qu’il n’y a plus non plus de réseau téléphonique pour les téléphones portables…

Bacurau représente en fait une société atypique par rapport à ce qui existe aujourd’hui au Brésil, car ici, tous les membres de la communauté sont égaux, quels que soient leur activité, leur classe sociale, leur sexe ou leur orientation sexuelle. Les coréalisateurs du film ont donc construit cette fable pour montrer leur opposition au régime actuel, en prônant à l’inverse la liberté totale dans le respect des traditions et la solidarité.

Certes, même si le suspense et l’action tiennent en haleine, on est un peu perdu durant un bon moment dans ce long métrage qui alterne scènes tribales et scènes de de carnage, orchestrées par Michaël (Udo Kier) un chef 100% blanc abject et cruel qui n’a de cesse avec sa bande de tueurs de jouer de la gâchette. Il faut attendre les 20 dernières minutes pour voir tous les éléments du scénario s’emboîter et finir par comprendre, même si certaines incohérences persistent néanmoins.

Au total, « Bacurau » constitue une fable anticipatrice, parfois de qualité inégale mais profondément originale. De là à partager l’enthousiasme du jury du Festival de Cannes 2019 qui lui a attribué « le prix du Jury », c’est peut-être un peu exagéré.

Ma note :   14/20