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Acteurs 

Mame Bineta Same

Amadou Mbow

Ibahima Traore

Nicola Sougou

Coumba dieng

Ibahima Mbaye

Synopsis

Le film est présenté en compétition au Festival de Cannes 2019

Dans une banlieue populaire de Dakar, les ouvriers du chantier d’une tour futuriste, sans salaire depuis des mois, décident de quitter le pays par l’océan pour un avenir meilleur. Parmi eux se trouve Souleiman, l’amant d’Ada, promise à un autre. Quelques jours après le départ des garçons, un incendie dévaste la fête de mariage de la jeune femme et de mystérieuses fièvres s'emparent des filles du quartier. Ada est loin de se douter que Souleiman est revenu…

Mon commentaire

Pour ceux qui comme moi l’ignoraient jusqu’à ce jour, Mati Diop est une jeune actrice et réalisatrice franco -sénégalaise. Après plusieurs courts et moyens métrages, « Atlantique » est donc son premier long métrage, présenté directement au Festival de Cannes. De par ses origines, la jeune femme est très imprégnée de culture africaine, d’où cette histoire, qui tout en nous plongeant dans le quotidien de jeunes travailleurs africains, nous fait découvrir par ailleurs un peu de ces fameuses légendes locales, par le biais de ce qu’on pourrait apparenter à un conte fantastique mais dramatique. En effet, dès les premières scènes du film, nous sommes transportés en plein chantier de construction d’un tour gratte-ciel futuriste qui va culminer au milieu des immeubles bas et maisons locales. Les équipes ne ménagent pas leur peine pour finir le chantier, mais quand vient le temps pour les salariés d’être rémunérés, la Direction de la société est encore aux abonnés absents. Les ouvriers n’ont plus qu’à rentrer chez eux à travers le pays, sans pouvoir subvenir aux besoins des leurs. Parmi eux, il y a Souleiman (Ibrahima Traore), aussi résigné que ses co équipiers mais qui va retrouver la belle Ada (Mama Bineta Same), avec laquelle il évoque un futur meilleur, bien qu’elle soit promise par ses parents à Omar (Babacar Sylla).

Souleiman prend la mer sur une pirogue avec un groupe d’amis et va tenter d’atteindre l’Espagne et l’Eldorado européen, bien décidé à faire venir Ada plus tard…Mais peu après son départ se manifestent différents évènements étranges : d’abord un incendie dans la chambre nuptiale d’Omar et Ada, puis une épidémie étrange de fièvres qui se propage parmi les filles du quartier où habite le jeune couple… La police débute une enquête, à laquelle Ada est mêlée…

Partant donc d’une situation dramatique liée à des pratiques malhonnêtes engendrant la misère et d’autre part d’un mariage arrangé-tel qu’il en existe encore beaucoup de nos jours en Afrique-, Mati Diop nous emmène à la découverte de la culture traditionnelle africaine, où règnent les djinns, les superstitions et les pouvoirs du mauvais œil, ainsi que les croyances de réincarnation. Tout cela avec une habileté incroyable, car Mati Diop passe allègrement du drame policier à la comédie romantique puis au film fantastique. Elle nous accorde en plus de magnifiques vues du littoral et partage avec nous toute la richesse des couleurs que nous prodigue la nature dans toute sa beauté qui contraste avec la noirceur mesquine de l’humanité. Ce film-fable qui met l’accent sur l’injustice qui règne dans le pays ainsi que sur le violent contraste entre la pauvreté d’une majorité et l’opulence de quelques nantis et sur les conséquences dramatiques que cela engendre vaut vraiment le détour. C’est sans doute pour son côté très original qu’« Atlantique » s’est vu attribué le Grand Prix du Jury au Festival de Cannes.

Ma note : 15/20