Acteurs 

Christos Loulis

Alexandros Bourdoumis

Ulrich Tukur

Daan Schuurmans

Josiane Pinson

Cornelius Obonya

Aurélien Recoing

George Lenz

Synopsis

Après 7 années de crise le pays est au bord du gouffre. Des élections, un souffle nouveau et deux hommes qui vont incarner l’espoir de sauver leur pays de l’emprise qu’il subit. Nommé par Alexis, Yanis va mener un combat sans merci dans les coulisses occultes et entre les portes closes du pouvoir européen. Là où l’arbitraire de l’austérité imposée prime sur l’humanité et la compassion. Là où vont se mettre en place des moyens de pression pour diviser les deux hommes. Là où se joue la destinée de leur peuple. Une tragédie grecque des temps modernes.

Mon commentaire

Pour son nouveau film ; le toujours très engagé Réalisateur Costa Gavras nous emmène dans son pays natal en Grèce pour nous faire revivre de façon profonde la crise profonde de 2015 entre Syrisa et l’Union Européenne. Alors que les élections viennent de porter au pouvoir une coalition entre l’extrême droite et Syrisa, à l’opposé complet sur l’échiquier politique, deux personnages clé de ce parti soutenu par un peuple exangue après 7 années de crise vont devoir affronter les arcanes de la Commission européenne : d’une part, le fringant premier ministre Alexis Tsipras (Alexandros Bourdoumis) et surtout son iconoclaste ministre de l’économie, Yanis Varoufakis (Christos Loulis). Yanis va mener un incessant combat de plus de 5 mois pour obtenir à tout le moins une réduction de la dette pléthorique de la Grèce ou un rééchelonnement de celle-ci, se heurtant de plein fouet avec l’austérité du Conseil Economique Européen clairement influencé par l’austérité et l’exigence allemande, représentées par son ministre des Finances le rigide Wolgang Schaüble (Ulrich Turkur).

Costa Gavras s’est lancé dans l’adaptation et l’explication de la crise grecque en adoptant le prisme du livre de Varoufakis « Conversations entre adultes- dans les coulisses secrètes de l’Europe ». Sous cet angle, il s’agit bien d’un film à charge contre le cynisme de l’Eurogroupe et de sa bureaucratie omniprésente, amenant à des situations souvent ubuesques sur le MoU (Memorandum of Understatement, à la base de l’Union Européenne et signé par tous les Etats membres) occasionnant des situations insolvables tant elles ressemblent à des cercles vicieux. Mais le côté éducatif du film finit par nuire au suspense de ces cinq mois de tractations acharnées, d’autant que certaines conversations stériles et scènes théâtrales se succèdent sans pour autant que quoi que ce soit avance, hormis l’horloge et … la longueur du film. De plus, les interprétations, hormis celle plutôt réussie de Christos Loulis en Varoufakis, sont assez inégales, cette dernière contrastant notamment avec un insipide Tsipras qu’on a mémorisé comme une personnalité politique beaucoup plus charmeuse, ou les différents interlocuteurs présents lors des débats à la Communauté Européenne réduits souvent à pas grand-chose.

On conservera du film une volonté du metteur en scène d’emporter l’adhésion du public en soutien à la Grèce face au mur de l’incompréhension européenne, sans souci de nuancer les propos, d’autant que Costa Gavras passe très vite sur la faute des prédécesseurs de Tsipras sur toute la malhonnêteté et la tromperie qui ont été pratiquées pour bénéficier de l’Europe et surtout de l’Euro. Mais était-ce vraiment un sujet cinématographique au total ?

A noter pour terminer la présence d’une bande originale d’Alexande Desplat en décalage du drame qui nous est montré, par l’utilisation à des fins qu’on

suppose ironique ou décalée de façon répétitive et un peu indigeste de morceaux de sirtaki.

Ma note :  12/20