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Vu en streaming sur Netflix - (2020)

Acteurs 

Luis Tosar

Alvaró Cervantes

Moustapha Oumaro

Anna Castillo

Miquel Fernández

Adam Nourou

Jesús Carroza

Zayidiyya Dissou

Synopsis

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Trois histoires en provenance de Melilla, à la frontière hispano-marocaine, où des migrants risquent leurs vies pour franchir le détroit de Gibraltar.

Mon commentaire

Les films ayant pour sujet les dramatiques mouvements migratoires constatés depuis le début du siècle, ici depuis l’Afrique, en direction du ‘paradis’ que représente l’Europe pour tous les démunis ne sont pas légion…C’est à ce titre que ‘Adú’, réalisé par le metteur espagnol Salvador Calvo mérite le détour. Il a choisi de poser sa caméra dans la cité espagnole de Melilla, cette enclave espagnole située tout au Nord du Maroc qui est souvent ciblée par les groupes de migrants africains pour rejoindre l’Europe.  Melilla va être le point de départ ou d’arrivée de trois destins qui vont plus ou moins se croiser.

Tour à tour, on rencontre Mateo (Alvaró Cervantes) un officier de la Guardia Civil en place à la frontière de Melilla qui va devoir faire face aux conséquences de ses actes avec deux collègues à lui ; Rodrigo (Luis Tosar), un homme travaillant pour une ONG chargé de la protection des éléphants dans une réserve en plein Cameroun qui va de plus va voir arriver sur le continent africain Sandra (Anna Castillo), ado d’une quinzaine d’années, et bien sûr Adú (Moustapha Oumaro), petit bonhomme de 6 ans contraint avec sa sœur ainée de quitter le Cameroun pour tenter de rallier l’Espagne…Si nul ne peut nier qu’il existe quelques belles idées dans ce film, notamment le vélo qui aurait pu lui servir de fil conducteur, le film est assez maladroit dans la mesure où les univers des trois personnages ne font qu’être juxtaposés, malheureusement sans réels liens entre eux. On aurait sans aucun doute préféré quelque chose de mieux construit, surtout dans la mesure où l’intérêt qu’on porte aux drames vécus par les trois personnages est très inégal. Le procès de Mateo et de ses collègues garde-frontière semble assez bâclé et ne suscite guère d’émotions ; les caprices de Sandra vis-à-vis de son père Gonzalo semblent un peu démesurés dans le contexte local, même si on veut bien admettre que le metteur en scène a voulu marquer l’opposition radicale entre les problèmes vitaux des populations africaines et les préoccupations des jeunes occidentaux… Il n’y a réellement que l’épopée du petit Adú qui touche réellement, à mesure qu’on découvre le parcours du combattant qu’il suit pour arriver à son but ultime, sous la protection de Massar (Adam Nourou), un jeune Somalien rencontré par hasard qui tente également le voyage vers la liberté …C’est aussi probablement grâce à l’interprétation bluffante du petit Moustapha Oumaro, parfaitement crédible dans ce rôle de bout en bout.

En résumé, le film est certes loin d’être parfait, mais il a le mérite de traiter brûlants du moment sur le sol africain : la misère déclenchant les mouvements d’émigration, le braconnage, la corruption…A cela il faut tout de même ajouter de très beaux paysages qui font que ‘Adú’ se laisse tout de même regarder sans ennui.

Ma note :  13/20