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Au Théâtre du Vieux Colombier jusqu’au 6 janvier 2019

de Christian Hecq et Valérie Lesort, d'après Jules verne

Acteurs

Cécile Brune

Françoise Gillard

François Natrella

Christian Gonon

Christian Hecq

Nicolas Lormon

 

Résumé

Tour à tour à vue sur le plateau et manipulateurs cachés dans le noir des profondeurs, six comédiens de la Troupe nous embarquent à bord du Nautilus. Utilisant le principe du théâtre noir, méduses et poissons semblent flotter dans ce monde où la lumière du jour ne pénètre jamais.

En 2015, Christian Hecq et Valérie Lesort relevaient le défi de créer, avec 20 000 lieues sous les mers, un spectacle pour acteurs et marionnettes. Six comédiens de la Troupe allaient apprendre l’art de la manipulation pour donner vie à l’équipage du Nautilus et au monde qui l’entoure, celui des grands fonds. Tour à tour à vue sur le plateau et manipulateurs cachés dans le noir des profondeurs, les acteurs nous embarquent à bord du Nautilus, vaisseau légendaire tenant à la fois du monstre marin et du navire de pointe. Utilisant le principe du théâtre noir, méduses et poissons semblent flotter dans ce monde où la lumière du jour ne pénètre jamais.
« Sur scène, la marionnette permet à l’acteur des mouvements, des expressions, des accélérations que son corps est incapable de faire, elle prolonge et démultiplie son expression corporelle. Je parle souvent de “dynamo-rythme” à propos de la faculté de reproduire la dynamique d’un être. Ici, pour les poissons, c’est un mélange de mouvements lents et rapides, exécutés de façon apparemment aléatoire. C’est un spectacle d’images où les poissons peuvent faire une sacrée concurrence aux acteurs ! », explique Christian Hecq. Toute la poésie et l’univers fantastique de l’œuvre de Jules Verne se retrouvent dans ce tour du monde à travers les océans où les enfants, petits et grands, aiment à se replonger. Après une tournée sur les routes de France la saison dernière, le spectacle revient sur la scène de sa création.

Mon commentaire

Bien évidemment, tout le monde connaît le roman de Jules Vernes, l’histoire du Nautilus, de son célèbre Capitaine Nemo et de ses passagers. Un certain nombre d’adaptations pour le grand écran en a été tiré, avec en premier lieu le mémorable et spectaculaire film de Richard Fleischer réalisé en1954, premier film d’acteurs produit par les studios Disney, avec dans les principaux rôles James Mason, Kirk Douglas et Peter Lorre.

Parmi la brillante et inventive troupe de la Comédie Française, le sociétaire Christian Hecq, associé pour l’occasion à Valérie Lesort (qui a intégré la compagnie des marionnettes de Philippe Genty), ont décidé d’adapter en 2015 pour le théâtre l’ouvrage de Jules Verne.

Sur scène, en jouant tour à tour avec l’obscurité complète et les lumières, ils sont parvenus à recréer l’ambiance étrange et quelque peu étouffante qui régnait dans ce sous-marin, qui tient à la fois du monstre d’acier défiant les profondeurs des océans et du vaisseau surréaliste bourré de technologie inventive. Mais surtout ils ont eu l’idée géniale d’utiliser aux côtés des acteurs de magnifiques marionnettes pour représenter les fonds marins magnifiques ou dangereux que le Nautilus va sillonner pendant de longs mois et sur de grandes distances. Ainsi, les trois prisonniers de Nemo, recueillis du naufrage de leur navire « Abraham Lincoln » vont devoir se faire à l’idée d’une captivité sous-marine d’une durée indéterminée et découvrir à travers le hublot du Nautilus une importante faune sous-marine pas toujours très amicale…

La réussite de cette pièce tient du fait que bien sûr, il s’agit d’une comédie enlevée qui comprend des dialogues drôles et des situations souvent cocasses : on rit donc volontiers, même si cela a parfois tendance à se transformer en gags manquant un peu de finesse qui semblent destinés surtout à faire réagir le jeune public. Mais surtout, on est réellement épaté par la beauté des marionnettes et par la poésie qui se dégage de certaines scènes particulièrement touchantes, d’autant que les acteurs hors scène sont à l’ouvrage pour se succéder à les animer avec un talent absolument incroyable . L’imaginaire bat son plein, même les poissons sont sympathiques et les méduses nous envoûtent de leurs somptueux ballets colorés pleins de grâce …Et tout cela sans la moindre véritable goutte d’eau ! L’atmosphère sous-marine est pourtant parfaitement rendue grâce à l’utilisation intelligente de sons et de lumières donnant l’illusion des eaux profondes et bien sûr grâce au talent incroyable de ces acteurs manipulateurs à la dextérité parfaite.

On comprend parfaitement pourquoi la pièce s’est vu décerner en 2016 une double récompense : le Molière de la Création Visuelle et le prix de la critique 2016 du meilleur créateur d’éléments scéniques. A découvrir absolument, pour tout public.

Ma note : 16/20